Maladie de Lyme : le plan national de lutte se précise

, par  Delphine Delarue

A l’issue d’un premier comité de pilotage qui s’est tenu le 19 janvier, la Direction générale de la santé (DGS) a annoncé l’élaboration d’un nouveau protocole de diagnostic et de soins pour le mois de juillet. Une mesure saluée par les associations de patients.

Longtemps peu prise au sérieux et considérée comme rare, alors qu’elle concerne en réalité des millions de personnes à travers le monde, la borréliose de Lyme fait désormais l’objet d’un plan national de lutte. Transmise à l’homme par la morsure d’une tique infectée, le plus souvent du printemps à l’automne, lors d’une promenade en forêt ou d’un déjeuner sur l’herbe, cette maladie se caractérise par des manifestations multiples. La variété des symptômes (fatigue intense et douleurs articulaires pour les formes bénignes, maux de tête violents, problèmes ophtalmologiques, troubles cardiaques, paralysies, voire méningites dans les cas les plus graves) rend le diagnostic particulièrement compliqué et conduit de nombreux malades à errer d’un service hospitalier à l’autre, parfois pendant des années, avant d’être pris en charge.

Faillibilité du test de dépistage

Lancé fin septembre 2016, le plan de lutte a été précisé par la Direction générale de la santé (DGS) à l’issue d’un premier comité de pilotage qui a eu lieu le jeudi 19 janvier à Paris. Parmi les mesures annoncées : l’élaboration par la Haute Autorité de santé (HAS) d’un nouveau protocole de diagnostic et de soins, prévu d’ici au mois de juillet. Une mesure soutenue par les associations de patients, qui dénoncent depuis longtemps la faillibilité du test de dépistage actuellement utilisé (les critères retenus pour valider les cas seraient trop restrictifs) et l’efficience relative des traitements délivrés. D’une durée maximum de trois semaines, les cures d’antibiotiques prescrites sont en effet jugées trop courtes pour atteindre une efficacité optimale chez tous les patients, en particulier ceux qui développent les formes les plus sévères de la maladie.
Pour mieux sensibiliser la population, « un dépliant sera diffusé dès le mois de mars » et « un document spécifique sera élaboré en lien avec les professionnels exposés aux tiques », ajoute la DGS. Avant l’été, la HAS devra en outre se prononcer sur la forme chronique de la maladie, qui actuellement n’est pas reconnue par la France.

Surveillance des tiques

Le plan prévoit aussi une attention particulière portée aux tiques elles-mêmes. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est chargée d’une étude sur l’efficacité des produits répulsifs anti-tiques et le Centre national d’expertise des vecteurs (CNEV) développe un dispositif de surveillance de ces arthropodes « comprenant un projet de développement d’une application mobile de signalement citoyen des piqûres de tiques », précise la DGS. Enfin, l’Institut national de recherche agronomique (Inra) travaille sur un projet consacré à la physiopathologie des maladies transmissibles par les tiques. Baptisé « Ohticks », ce travail vise « à connaître l’ensemble des pathogènes transmis à l’homme […] pour en faire le diagnostic ».
Bref, un plan complet, salué par les associations, qui espèrent toutefois que les échéances annoncées seront respectées malgré la perspective de la présidentielle.

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