Mal de dos : éviter la lombalgie chronique

, par  Isabelle Coston

C’est le mal de dos le plus répandu : des millions de Français souffrent chaque année de lombalgie. Pour éviter que la douleur ne s’installe dans la durée, la Haute autorité de santé (HAS) donne ses recommandations.

La lombalgie doit être prise en charge de manière plus efficace, annonce la HAS dans un communiqué publié mercredi 3 avril. Au cours de leur vie, 84 % des Français, connaîtront cette douleur localisée dans le bas du dos. Qualifiée de « maladie du siècle », elle constitue le second motif de recours à un médecin généraliste et entraîne, une fois sur cinq, un arrêt de travail. Même si cette pathologie se résorbe le plus souvent en quelques semaines, il arrive, pour 3 à 6 % des cas, qu’elle devienne chronique.

Une « stratégie adaptée »

C’est la raison pour laquelle l’organisme de santé recommande « d’adopter précocement une stratégie adaptée », soulignant que si cette douleur lombaire se soigne généralement bien, il convient de distinguer deux stades de la maladie : la lombalgie aiguë, qui disparaît au bout de 4 à 6 semaines et qui concerne 9 patients sur 10, et la lombalgie chronique qui dure depuis plus de 3 mois. La HAS conseille aux médecins de vérifier en premier lieu que le mal de dos, le plus souvent causé par une lésion bénigne d’un muscle, d’un ligament, d’un tendon, voire par le déplacement d’une vertèbre, ne cache pas une maladie plus sérieuse. S’ils ne décèlent pas de signes d’alerte suggérant une « pathologie sous-jacente grave » en phase aiguë, il est inutile de faire pratiquer des examens d’imagerie médicale, car « il n’existe pas systématiquement de concordance entre symptômes et signes radiologiques », souligne l’institution.

Le meilleur traitement

Une fois le diagnostic de lombalgie posé, pas question pour le malade de rester au lit, s’il ne veut pas voir son état empirer : « L’activité physique adaptée est le traitement principal », insiste la HAS, car « elle permet une évolution favorable […] et limite les récidives. » L’organisme encourage donc les professionnels de santé à inciter le patient « à poursuivre ses activités de la vie quotidienne, y compris le travail ». Les médecins peuvent bien entendu prescrire des antalgiques afin de calmer la douleur. Cependant, aucun médicament n’ayant prouvé son efficacité à moyen terme sur l’évolution d’une poussée aiguë de lombalgie, la HAS préconise que ce soit « pour la plus courte durée possible, en attendant [sa] guérison spontanée ». La douleur se résorbe d’elle-même « en moins de 6 semaines dans 90 % des cas », affirme-t-elle. Il est donc « important que le professionnel rassure son patient ».

Surveiller la lombalgie

La HAS évalue le risque de chronicité de 3 à 6 %. Si les symptômes persistent et qu’il n’y a aucun signe d’amélioration au bout de 2 à 4 semaines, le patient doit donc retourner voir son médecin traitant pour éviter que la douleur ne devienne chronique. Ce dernier doit aussi surveiller l’évolution de la maladie, afin de s’assurer qu’une douleur persistante ne cache pas une infection, une maladie inflammatoire, un cancer ou encore un problème neurologique. « Ce n’est qu’après avoir identifié un facteur de risque de chronicité ou que la lombalgie est devenue chronique qu’une rééducation active par kinésithérapie se révèle pertinente », indique la HAS, qui poursuit : « En l’absence d’amélioration, une prise en charge multidisciplinaire incluant un médecin spécialiste du rachis et si nécessaire un médecin du travail doit être envisagée. » L’institution conclut en rappelant que la lombalgie affecte profondément la qualité de vie du patient et qu’elle « est devenue la première cause d’exclusion du travail avant 45 ans ».

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