Lutter contre la prolifération des plantes invasives

, par  Léa Vandeputte

Certaines plantes, qui envahissent nos écosystèmes naturels, ont un impact négatif sur l’économie et peuvent aussi représenter des risques pour la santé humaine. C’est pour toutes ces raisons que des mesures doivent être prises pour limiter leur expansion.

Les dégâts occasionnés par les plantes invasives inquiètent les députés au point qu’un rapport d’information soit édité par l’Assemblée nationale. Les élus sont en effet régulièrement confrontés à cette problématique dans leurs circonscriptions. L’ambroisie à feuilles d’armoise prolifère par exemple dans certaines régions alors qu’elle est particulièrement allergisante. Le pin d’Alep s’étend sur le pourtour méditerranéen et est accusé de favoriser les incendies. Plusieurs espèces sont responsables de la perte de biodiversité et de l’altération du fonctionnement des écosystèmes, elles entraînent des pertes de rendement des cultures ou ont un impact négatif sur le tourisme et elles peuvent engendrer des risques sanitaires.

Des espèces exotiques introduites par l’homme

L’activité humaine n’est pas étrangère à ces phénomènes invasifs. Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont qualifiées ainsi parce qu’elles ont été introduites par l’homme, volontairement ou de manière fortuite, « en dehors de leur aire de répartition ou de dispersion naturelle » et qu’elles ont des effets écologiques, économiques ou sanitaires délétères, potentiels ou avérés. Sur les 1 379 espèces végétales exotiques répertoriées dans l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), on estime que 1 à 10 % deviennent invasives. Toutes les plantes introduites ne sont donc pas concernées. « Avec le temps, un équilibre peut s’opérer entre ces espèces et leurs nouveaux milieux de vie mais parfois ces nouveaux équilibres se font au détriment du maintien de la biodiversité native (cas des milieux insulaires par exemple) », précise l’INPN.

Prévenir et contrôler

Face à ce constat, les députés ont estimé que la prévention et le contrôle des plantes introduites sont pour l’heure insuffisants. Pour y remédier, ils ont formulé pas moins de vingt-trois recommandations. Ils préconisent notamment de « renforcer les moyens humains de contrôle des douanes et du service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières (Sivep) pour mettre en place des protocoles de biosécurité efficaces ». Cette mesure permettrait par exemple de limiter les introductions accidentelles de graines dans les marchandises. Les députés ont également demandé la création d’un « schéma clair de gouvernance nationale et régionale pour déterminer les acteurs responsables de la lutte contre les plantes invasives ». Ils souhaitent par ailleurs « introduire une obligation de surveillance des plantes invasives par le maître d’ouvrage pour tout chantier de travaux publics » car celles-ci prolifèrent plus aisément sur ces terrains perturbés et dégradés. Et enfin, ils encouragent la mobilisation des citoyens « pour en faire des acteurs du signalement » et accélérer ainsi la détection des espèces envahissantes.

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