Lutte contre le sida : les ONG interpellent François Hollande

, par  Léa Vandeputte

Les associations Coalition Plus, Aides et Act-Up Paris s’appuient sur un sondage pour demander au président de la République d’augmenter la contribution de la France au fonds mondial de lutte contre le sida.

Selon un sondage Ifop dévoilé le 20 juin par l’organisation non-gouvernementale (ONG) Coalition Plus, sept Français sur dix estiment que la lutte contre le sida est un objectif prioritaire pour la politique de la France en matière d’aide au développement. Un argument de poids pour l’association, qui dans un communiqué commun avec Aides et Act-Up Paris, demande à François Hollande « de s’engager à respecter la volonté des Français et d’exprimer le soutien de la France à la lutte mondiale contre l’épidémie à travers une hausse de sa contribution au fonds mondial ».

Mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030

A quelques jours du festival de musique Solidays en solidarité avec la lutte contre le sida, qui avait lieu du 24 au 26 juin à Paris, l’objectif des associations était de rappeler que l’éradication du sida est possible. L’ONU estime même que cet objectif peut être atteint d’ici à 2030, à condition que le fonds mondial de lutte contre la maladie bénéficie de 7 milliards de dollars supplémentaires (soit 0,01% du PIB mondial) par an. « Une goutte d’eau à l’échelle des premières puissances mondiales, dont la France fait partie », notent les associations, avant de préciser que « cet investissement n’est pas une question de ressources financières, mais bien de volonté politique ». D’autant que, d’après le sondage, les Français estiment que la France doit participer à cet effort, soit de manière coordonnée avec les pays en développement (58 %), soit en tant que principal contributeur (32 %).

Participer à l’effort mondial

Les Etats donateurs du fonds mondial – créé en 2000, notamment à l’initiative de la France – doivent se réunir le 16 septembre prochain à Montréal pour annoncer le montant de leur contribution à la lutte contre les trois pandémies (sida, tuberculose et paludisme). Le Canada a d’ores et déjà annoncé une hausse de son engagement financier à hauteur de 20 %. Les Etats-Unis, le Luxembourg, l’Union européenne et le Japon ont eux aussi décidé d’intensifier leurs efforts. Les trois associations encouragent donc le président Hollande à « respecter l’opinion française et à suivre l’exemple des Etats donateurs [...] en augmentant lui aussi sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida pour les trois prochaines années ».

Pas de hausse de la contribution

Pourtant, la mobilisation des associations n’aura pas suffi à convaincre le président de la République. Ce dernier a en effet annoncé, le dimanche 26 juin, que la France maintiendra sa contribution à hauteur de 1,08 milliard d’euros pour la période 2017-2019, soit 360 millions d’euros par an. Les associations accusent François Hollande d’avoir « fait le choix mortifère de l’inaction durant tout son mandat présidentiel » et l’invitent à « se ressaisir en annonçant une augmentation de la contribution de la France lors de la conférence de reconstitution du fonds mondial ».

Pour plus d’infos :

  • « Les Français, l’aide au développement et la lutte mondiale contre le sida », sondage Ifop pour Coalition Plus, mai 2016.

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS