Lundi vert : une journée végétarienne pour la planète

, par  Vincent Portois

Remplacer la viande et le poisson chaque lundi, c’est la résolution que propose Lundi vert pour la sauvegarde de la planète, la santé des personnes et le respect de la vie animale. Déjà soutenue par 500 signataires, cette campagne vise à sensibiliser les Français sur leur alimentation.

Professeurs, sportifs, journalistes, scientifiques, membres d’ONG, acteurs, députés, psychologues ou encore animateurs… 500 personnalités, dont certaines très médiatiques (Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, la présidente de WWF France Isabelle Autissier…), pratiquent déjà ou se sont engagés à se passer de viande et de poisson chaque lundi depuis le 1er janvier 2019. Sur le site Internet Lundi-vert.fr sont détaillés les principes du « manger changer » bénéfique « pour la planète (gaz à effets de serre, eau, déforestation), pour la santé (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires) et pour les animaux (la majorité des animaux consommés aujourd’hui font l’objet de traitements inacceptables durant leur élevage industriel ou leur abattage) ». Voici quelques-unes des « raisons objectives et impératives » prouvant la nécessité de « diminuer collectivement notre consommation de chair animale en France ». Mise en place par le professeur de psychologie sociale, Laurent Bègue, et le directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), Nicolas Treich, cette pratique est aussi connue sous le nom de « Meat Free Monday » en Grande-Bretagne, ou encore de « Meatless Monday », une campagne internationale lancée en 2003 et suivie dans une quarantaine de pays. En France, le démarrage coïncide avec la publication d’études, comme celle du Credoc, qui révèlent que les Français consomment beaucoup moins de viandes depuis dix ans.

Un manifeste loin de laisser indifférent

Les réseaux sociaux se sont rapidement emparés du phénomène. La plupart des réactions salue une initiative louable, certains en profitent par ailleurs pour souligner les prix trop élevés de la viande et du poisson, les privant ainsi de pouvoir en acheter au moins une fois par semaine. Dans les médias aussi, les réactions se sont multipliées : « idée surprenante » pour Le Parisien, qui en a fait sa une « Un jour sans viande ni poisson, à quoi bon ? » le lundi 7 janvier. Pour l’ex-ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, c’est une « idée de bobo », affirme-t-elle dans le même quotidien, « j’en connais parmi les signataires qui prennent l’avion plusieurs fois par mois et qui ont un bilan carbone désastreux ». Sur France TV Info, la Confédération paysanne alerte sur une course aux prix bas de la part des industriels et des distributeurs empêchant « la généralisation des pratiques d’élevage les plus vertueuses ».

Aide et expérience scientifique

Cette initiative symbolique s’appuie avant tout sur le fait de changer les comportements alimentaires en réduisant notre consommation de viande et de poisson, mais également sur l’observation des changements qui en découlent. Le site www.lundi-vert.fr aide donc à la mise en place de ces nouvelles habitudes alimentaires avec un accompagnement individualisé. D’ailleurs une expérience scientifique sur le changement alimentaire, coordonnée à Grenoble et dirigée par des chercheurs du CNRS, de l’Inra et de plusieurs universités françaises, est ouverte aux volontaires.

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