Livre blanc : les sages-femmes réaffirment leur rôle d’acteur médical incontournable

, par  Léa Vandeputte

Dans la perspective des élections présidentielle et législatives de 2017, le Conseil national de l’ordre des sages-femmes publie un livre blanc pour interpeller les candidats. Ce texte, composé de douze propositions, promeut leurs compétences dans la prise en charge et l’amélioration de la santé des femmes et de leurs enfants.

Le Conseil national de l’ordre des sages-femmes a publié, le 6 décembre dernier, un livre blanc intitulé « Innover pour la santé publique avec les sages-femmes ». Il y formule douze propositions « visant à répondre aux nouveaux enjeux démographiques, de prévention et de formation auxquels les sages-femmes sont confrontées, en France et en Europe », indique l’ordre. Ce document a pour objectif de servir de base de discussion avec « les femmes et les hommes politiques qui seront amenés à prendre des décisions stratégiques et engageantes pour la profession de sage-femme au cours des prochaines années ». Les candidats à l’élection présidentielle et leurs états-majors se verront donc remettre le texte en main propre lors du premier semestre 2017.

Spécialistes de la santé des femmes

Parmi les différentes propositions émises, l’ordre insiste sur le rôle de la profession dans la prise en charge des femmes pendant la grossesse et en dehors de celle-ci. Face aux déserts médicaux et à la diminution du nombre de gynécologues-obstétriciens, les sages-femmes ont « vocation à être des acteurs médicaux reconnus de premier recours auprès des femmes en bonne santé ». Le livre blanc appelle également à la mise en œuvre des « premiers états généraux de la santé génésique » (qui concerne la génération et la reproduction) afin de « rassembler l’ensemble des acteurs du monde de la santé autour d’un objectif commun : améliorer la prise en charge des femmes par les professionnels de santé tout au long de leur vie ».

La profession propose en outre de participer au renforcement de la prévention et de l’éducation à la vie affective et sexuelle au collège et au lycée. Rappelant que, « en France, 6,7 % des jeunes âgées de 12 à 17 ans ont déjà eu recours une fois à une IVG », elle soutient l’instauration d’une « consultation dédiée à la santé sexuelle et à la prévention des addictions chez les adolescentes » dès l’âge de 16 ans.

Favoriser l’autonomie

Concernant leur cœur de métier, les professionnelles de la maïeutique se posent en actrices incontournables de la prise en charge des grossesses et des accouchements et demandent l’ouverture de maisons de naissance sur l’ensemble du territoire français à l’issue de l’expérimentation, en novembre 2020. Cette mesure permettrait, selon elles, de « répondre au projet de naissance des femmes », d’ouvrir « la voie à une véritable consécration de l’autonomie des sages-femmes » et de « diversifier l’offre de soins périnatale ». Le Conseil de l’ordre réclame, de plus, une ouverture facilitée des plateaux techniques hospitaliers aux praticiennes libérales, la généralisation de l’accès au programme d’accompagnement au retour à domicile (Prado) pour toutes les femmes, ainsi que la création d’un dossier médical partagé (DMP) dès la naissance, « afin d’assurer la continuité des soins et [de] garantir un suivi médical pour tous dès le plus jeune âge et pour toute la vie ».

Plus de visibilité

Par ailleurs, la profession souhaite « renforcer la représentation des sages-femmes au sein des instances de gouvernance », tant à l’échelon local que national, et propose de créer de « nouveaux postes de coordination sages-femmes au sein des hôpitaux, […] des agences régionales de santé (ARS) et des services de protection maternelle infantile (PMI)  ». En complément, un observatoire européen de la profession devra être mis en place pour « renforcer la visibilité et la place des sages-femmes en Europe ».

Enfin, côté formation, les sages-femmes estiment « indispensable d’approfondir la formation initiale et l’accompagnement des étudiants […] souhaitant exercer en libéral » et réclament « la création d’un statut de maître de stage rémunéré, comme c’est le cas pour les médecins généralistes ». Elles souhaitent également « développer l’accès des étudiants en santé aux formations à la recherche » et, plus particulièrement, à la recherche en maïeutique.

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