Les maladies thyroïdiennes en huit questions

, par  Vanessa Pageot-Françoise

Elle ne pèse que 10 grammes, mais régule tout notre organisme : c’est la thyroïde. Environ six millions de Français souffrent d’un dysfonctionnement de cette glande, signe que les hormones font le Yo-Yo entre l’hypo et l’hyperthyroïdie.

1. On peut vivre sans thyroïde.
Vrai, mais… « On peut vivre sans thyroïde, mais pas sans hormones thyroïdiennes », précise le docteur Françoise Borson-Chazot, endocrinologue au CHU de Lyon. Les enfants qui naissent sans thyroïde ou chez qui celle-ci ne fonctionne pas correctement présentent des retards graves de croissance et de maturation de cerveau : c’est ce que l’on appelle l’hypothyroïdie congénitale. « Depuis 1976, elle est systématiquement dépistée chez tous les nouveau-nés, et le développement de ces enfants, traités précocement, est normal », ajoute l’endocrinologue.
Chez un adulte, l’absence d’hormones thyroïdiennes déclenche tous les symptômes de l’hypothyroïdie et, si elle est prolongée, un ralentissement des fonctions vitales qui peut aller jusqu’au coma.

2. L’iode a une action préventive.
Vrai. Pour que la thyroïde fonctionne, il lui faut de l’iode. On en trouve surtout dans le lait, la viande, les œufs et tous les crustacés. Les Français ne sont plus carencés en iode, grâce à une alimentation équilibrée et aux sels de table iodés pour la plupart. Exception à la règle : les femmes enceintes, qui en manquent. « Elles ont besoin de 200 à 250 milligrammes par jour, au lieu de 150 pour un adulte. Il est très important de prendre un supplément iodé tout au long de la grossesse », conseille l’endocrinologue.

3. L’hypothyroïdie ne fait pas bon ménage avec la grossesse.
Vrai. L’hypothyroïdie n’est pas à prendre à la légère chez la femme enceinte, en raison des risques d’hypertension artérielle, d’avortement spontané ou d’hémorragie après l’accouchement. Le fœtus peut, lui aussi, être touché et connaître une anomalie du développement cérébral et de certains de ses organes. « C’est la raison pour laquelle le dépistage chez la femme enceinte est primordial, notamment en cas d’antécédents de dysfonctionnement de la tyroïde chez elle ou dans sa famille, de goitre ou de maladie auto-immune (le diabète par exemple, NDLR) », insiste le docteur Borson-Chazot.

4. Constamment fatiguée, c’est le signe d’une hypothyroïdie.
Faux. « La fatigue n’est pas un signe distinct de l’hypothyroïdie. Elle est commune à l’hyperthyroïdie et à de nombreuses maladies chroniques », exlique le docteur Borson-Chazot. Il est important de noter ses phases de fatigue dans un agenda ou sur un calendrier et de consulter son médecin traitant, qui orientera si besoin vers un spécialiste.

5. Un goitre est inquiétant.
Faux. Un goitre est synonyme d’augmentation du volume de la thyroïde, mais ne doit pas être pour autant une source d’angoisse. C’est à la puberté que le goitre se forme, sous l’action des hormones. « La plupart des goitres sont à peine visibles. Il s’agit d’un renflement d’une taille équivalente à celle de la première phalange du pouce », précise le docteur Borson-Chazot. En revanche, associé à une saillie du globe oculaire, le goitre est l’un des symptômes de la maladie de Basedow –l’hyperthyroïdie. Elle touche en majorité des femmes entre 30 et 40 ans.

6. Qui dit nodule, dit dysfonctionnement de la thyroïde.
Faux. La présence d’un nodule ne rime pas forcément avec un trouble de la fonction thyroïdienne. Le nodule est une « boule » de petite taille (de la tête d’une épingle à une noix), indolore, qui se développe dans l’un ou dans les deux lobes de la thyroïde. En deçà de 2 centimètres, il est seulement repérable lors d’un examen échographique. Lorsqu’il est plus gros, un médecin peut le sentir en palpant le cou.

7. La seule solution aux nodules est la chirurgie.
Faux. Tout dépend de la nature du nodule : s’il est bénin, une surveillance régulière de sa taille et du taux d’hormones (TSH) suffit. Si les médecins le suspectent d’être cancérigène (seuls 5 % des nodules thyroïdiens le sont), ils préconisent alors une ablation chirurgicale du lobe de la thyroïde où siègent les nodules ou de l’ensemble de la thyroïde. L’opération se passe sous anesthésie générale.

8. Les médicaments sont à prendre toute la vie.
Faux. Pour l’hyperthyroïdie, le traitement est provisoire, le but étant de faire baisser le taux de TSH jusqu’à retrouver un équilibre dans le fonctionnement de la thyroïde. En moyenne, le traitement dure entre douze et dix-huit mois. En revanche, les médicaments contre l’hypothyroïdie sont prescrits toute la vie, puisque leur rôle est justement de remplacer un déficit d’hormones thyroïdiennes.

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