Les aliments ultratransformés nuisibles pour la santé

, par  Isabelle Coston

La malbouffe est associée à des risques d’obésité mais également de diabète, de maladies cardiovasculaires, voire de cancer, selon plusieurs recherches. Des scientifiques français viennent corroborer ces conclusions par une nouvelle étude.

Des chercheurs français ont publié lundi 11 février dans la revue de l’association médicale américaine, Jama Internal Medicine, une nouvelle étude sur les effets des aliments ultratransformés sur la santé. Ils révèlent qu’une augmentation de 10 % de leur proportion dans l’alimentation est responsable d’une hausse de 14 % de la mortalité. Ces aliments (des plats préparés, des céréales, des bonbons, des gâteaux…), issus de divers procédés industriels, contiennent généralement toutes sortes d’additifs, comme des colorants, des conservateurs ou des arômes. Ils se distinguent aussi souvent par une composition particulièrement riche en sucre et en sel ajoutés, en graisses saturées, ainsi que par une plus faible densité en fibres, vitamines et autres micronutriments que les produits faits maison.

Une étude de grande ampleur…

Pour étudier l’impact de cette nourriture industrielle sur la santé, l’Equipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren) – composée de chercheurs de l’université Paris-XIII, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et du Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) –, a analysé, de 2009 à 2017, les données de 44 551 participants à la grande étude NutriNet-Santé. Le panel était constitué de sujets âgés de plus de 45 ans, dont 73 % de femmes, qui devaient indiquer en ligne, tous les six mois, ce qu’elles avaient mangé et bu pendant plusieurs périodes de vingt-quatre heures répétées régulièrement. Les aliments ultratransformés (calculés en grammes) représentaient 14,4 % de leur consommation et 29 % de leur apport énergétique total. Au bout de sept ans, 602 personnes étaient décédées, dont 219 par cancer. Pour affiner ses données, l’Eren a tenu compte de différents paramètres, notamment l’âge, les facteurs sociodémographiques, le niveau d’étude, la consommation de tabac et d’alcool, la pratique d’une activité physique… Les chercheurs ont ainsi constaté que plus les revenus et le niveau d’éducation étaient faibles, plus la consommation d’aliments ultratransformés s’élevait. Les personnes avec un indice de masse corporelle (IMC) plus important que la moyenne, celles ayant peu d’activité physique et celles vivant seules auraient aussi tendance à consommer davantage de ce type d’aliments.

… qui ajoute une pierre à l’édifice

Bien que ces observations doivent encore être étayées par d’autres recherches, elles viennent renforcer de précédentes études qui pointaient déjà un lien entre la survenue de certaines maladies et une alimentation composée d’une grande proportion de produits fabriqués par l’industrie agroalimentaire. Une étude parue il y a un an dans la revue médicale britannique British Medical Journal avait par exemple mis en évidence un lien entre la consommation d’aliments ultratransformés et le risque de cancer. Elle avait établi qu’une augmentation de 10 % de la part de ce type d’aliments était associée à une hausse de 12 % du risque global de cancer, notamment celui du sein. Malgré les recommandations des agences sanitaires, qui préconisent de limiter les aliments gras, sucrés, salés et ultratransformés, et de cuisiner soi-même le plus souvent possible, ces aliments sont de plus en plus présents dans l’alimentation.

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