Le trouble du déficit de l’attention officiellement reconnu

, par  Enrique Moreira

En dévoilant, le 12 février, ses préconisations pour mieux dépister les enfants qui souffrent d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), la Haute Autorité de santé (HAS) a fait plus que donner de simples consignes aux médecins : elle a validé l’existence de ce trouble, contesté par certains spécialistes.

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié ses recommandations pour sensibiliser les professionnels de santé peu ou pas formés au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ces derniers éprouvent souvent des difficultés pour « répondre aux inquiétudes des familles, identifier le trouble, apporter un soutien à l’enfant et, éventuellement, l’orienter vers une prise en charge adaptée ». S’il est difficile à chiffrer précisément, on estime entre 3 et 5 % le nombre d’enfants concernés par cette maladie.

Des symptômes précis

Le TDAH est généralement réduit à de l’hyperactivité, mais pour la HAS, il s’agit bien d’un trouble avec des symptômes spécifiques. Ainsi, une personne qui est atteinte à la fois de déficit de l’attention, d’hyperactivité motrice et d’impulsivité pourrait souffrir de TDAH. Si ces symptômes sont semblables à ceux d’autres troubles (de l’apprentissages ou du comportement ou encore troubles anxieux, dépression…), c’est leur présence dans plusieurs environnements et leur persistance dans le temps qui caractérisent le trouble de l’attention.

Les recommandations

Au-delà d’une simple définition, la HAS a dressé plusieurs recommandations pour les professionnels de santé. Ainsi, c’est le médecin de premiers recours (généraliste ou pédiatre), souvent plus proche de la famille, qui sera chargé d’établir un pré-diagnostic. Il orientera ensuite le patient vers un spécialiste, qui confirmera ou non ses conclusions. Si le spécialiste initie la prise en charge de l’enfant, c’est le médecin de premiers recours qui en assurera le suivi. Enfin, il est recommandé aux médecins de se tourner, « en première intention, vers une prise en charge non médicamenteuse », privilégiant « les mesures psychologiques, éducatives et sociales ».
Un seul médicament est disponible à ce jour : le méthylphénidate, connu sous les noms commerciaux de Ritaline, Concerta ou encore Quasym.

Un trouble controversé

Le rapport de la HAS incite à utiliser plus souvent ce diagnostic pour mieux détecter le TDAH chez l’enfant. Tous les professionnels de santé ne partagent cependant pas l’avis de la Haute Autorité. Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste, craint une « épidémie de cas ». Il tient à « mettre en garde contre les dangers d’une dérive à l’américaine : abus de diagnostics et Ritaline prescrite à la légère ». Pour lui, la difficulté vient du fait de « l’absence de spécificité des symptômes constitutifs du TDAH ». Comprenez que, si votre enfant est un peu chahuteur, en classe ou à la maison, cela ne veut pas forcément dire qu’il souffre d’un trouble de l’attention. Il a peut-être simplement 7 ans.

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