Le Nobel de médecine consacre l’immunothérapie dans la lutte contre le cancer

, par  Delphine Delarue

Lundi 1er octobre, le prix Nobel de médecine a été décerné à l’Américain James Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs recherches sur l’immunothérapie moderne appliquée à la lutte contre les tumeurs malignes.

Grâce à leurs recherches, des patients atteints de cancers jusque-là incurables ont eu la vie sauve. Lundi 1er octobre, l’Américain James Allison et le Japonais Tasuku Honjo, tous deux immunologistes, ont reçu le prix Nobel de médecine pour leurs travaux sur l’immunothérapie appliquée à la lutte contre les tumeurs malignes. Cette technique en plein essor, utilisée sur les patients depuis quelques années, consiste à renforcer les défenses du corps pour vaincre la maladie. Les deux scientifiques ont franchi une nouvelle étape dans ce combat en mettant au jour une façon inédite de booster les lymphocytes T (ou globules blancs) pour les aider à s’attaquer efficacement au cancer. Leur idée : neutraliser, grâce à des anti-corps, les molécules naturellement présentes à la surface de ces lymphocytes T (dites points de contrôle immunitaire) qui, sous l’action des cellules cancéreuses, empêchent l’organisme de se défendre. Les traitements développés ensuite sur ce modèle ont donné des résultats très positifs sur le mélanome, puis sur d’autres tumeurs malignes dans des cas de cancer du poumon, de la prostate, de l’ovaire et du pancréas.

« Lâcher les freins »

Pour le jury du prix Nobel, les chercheurs Allison et Honjo ont trouvé la bonne méthode pour « lâcher les freins » et « appuyer sur les bonnes pédales d’accélération » du système immunitaire afin qu’il puisse «  neutraliser des micro-organismes étrangers ».
Cependant, malgré les espoirs suscités par son avancée, l’immunothérapie moderne n’est pas encore la panacée en matière de traitement anti-cancéreux. Elle peut donner lieu à des effets secondaires (manifestations auto-immunes, cutanées, endocriniennes...) qui doivent être pris en compte. Certains cancers (en particulier ceux qui sont peu inflammatoires) et malades ne répondent pas à ces nouveaux traitements, qui coûtent en outre excessivement cher. De plus, il ne faut pas oublier les traitements classiques comme la chirurgie, les chimiothérapies et la radiothérapie qui, de leur côté, font également des progrès. Le professeur Allison a lui-même reconnu que l’immunothérapie n’allait pas remplacer les autres traitements. L’idée étant plutôt de parvenir, dans les années à venir, à proposer la bonne combinaison de traitements convenant à chaque malade.

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