Le choix de la Mucs : accompagner la santé

, par  Mutuelle Mucs

Après avoir rendu obligatoire la complémentaire santé pour toutes les entreprises d’ici à 2016, les pouvoirs publics n’ont cessé de la fragiliser au nom d’une baisse tous azimuts du coût public de la santé. Sauf qu’en devenant des machines à rembourser au plus serré, les mutuelles risquent de perdre leur rôle de solidarité et de protection de la santé de leurs bénéficiaires. La Mucs n’est pas la seule à vouloir échapper à ce dilemme. Elle vient d’ouvrir le débat pour identifier les solutions et les partenariats à explorer.

Il revient aujourd’hui au législateur, aux partenaires sociaux et aux organismes de complémentaire santé de construire un nouveau modèle qui allie maîtrise des coûts et solidarité entre les adhérents, soit une complexe synergie entre les acteurs défendant l’intérêt général, dont la Sécurité sociale, et les différents acteurs d’un marché de plus en plus concurrentiel.

Le carcan de la baisse des coûts

Or, l’environnement de la santé s’est dégradé ces dernières années, la crise économique se conjuguant avec l’harmonisation européenne pour limiter le déficit des budgets sociaux et réduire d’autant la réponse aux attentes des partenaires sociaux. D’où cette succession de textes souvent contradictoires. Citons d’abord le désormais célèbre accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013, qui, précisément, a conduit la loi à généraliser la complémentaire santé en entreprise. Mais en autorisant sinon la désignation, du moins la préconisation d’un ou de plusieurs organismes, cette mesure favorise indirectement les offres à bas coût des « majors » de la profession. D’où l’importance des textes redéfinissant les contrats solidaires et dont le non-respect entraînerait un accroissement de taxation pour la complémentaire santé indisciplinée. Sans le dire, c’est une autre façon d’imposer des offres de complémentaire à bas coût.
Autre exemple récent de cette recherche d’une baisse du coût de la santé pour la collectivité : la nouvelle mesure fiscale qui intègre la participation de l’employeur à la complémentaire santé dans l’assiette de l’impôt sur le revenu des salariés (lire à ce sujet l’article en page 22 de votre magazine n° 321). Cette évolution va évidemment peser sur le prix de la couverture santé. Celui-ci représente, rappelons-le, un difficile compromis entre l’allégement de charges recherché par les entreprises, la satisfaction des prestations attendues par les salariés et l’ajustement des cotisations et des dépenses requis pour l’équilibre financier des organismes complémentaires. Et cette focalisation sur le coût de la santé comprend des risques…

Le risque d’une couverture à deux vitesses

Succombant aux offres à bas coût, une part significative des entreprises fera le choix de se cantonner au panier de soins minimum défini par la loi, à commencer par celles qui n’avaient pas encore de contrat obligatoire de couverture santé. Les salariés les plus aisés compléteront alors leur contrat obligatoire par des options ­facultatives, voire par une complé­mentaire santé à titre individuel. La descente déjà amorcée vers une santé à deux vitesses n’en sera qu’accentuée.
De plus, ces contraintes de gestion grandissantes, ajoutées à une prise en charge plus longue de la portabilité des contrats de santé des salariés en fin de contrat de travail (de neuf à douze mois), devraient mécaniquement conduire à une hausse des tarifs des contrats de santé. Il devient alors difficile, quoique plus que jamais nécessaire, de convaincre les salariés – et les employeurs – du bien-fondé de la mutualisation et du levier solidaire qu’elle représente. Là encore, le repli individualiste apparaît tentant.

Une priorité différente pour les mutuelles

Ce sombre panorama ne doit pas occulter le fait que nombre de mutuelles entendent rester fidèles à leur vocation d’origine et ne pas se limiter à la gestion du remboursement des frais de santé. Au-delà de celle-ci, la mutuelle peut et doit promouvoir la prévention des risques, la solidarité entre ses membres et l’accompagnement de ces derniers dans leurs démarches de soin. Ainsi, le 11 décembre dernier, tous les intervenants, représentants de salariés, chefs d’entreprise ou dirigeants de mutuelle, lors d’une rencontre-débat organisée par la Mucs avec le média Miroir social, ont confirmé que la prévention et l’accompagnement de la santé restent une priorité de développement*. Or, si cette priorité peut être menée par l’entreprise, elle peut également l’être par la mutuelle, qui agit avant, pendant et après la prise en charge des soins.

Explorer de nouveaux services

Pour la Mucs, cela représente un élargissement de ses missions et le choix de solutions innovantes. L’innovation peut être technique. Elle permet alors une plus grande interactivité des échanges entre l’adhérent et sa mutuelle, une meilleure prise en charge. Exemple récent, les services de conseil et d’accompagnement de ce qui devient Mucs Assistance viennent d’être modernisés et enrichis (lire l’article en page 21 de votre magazine n° 321). Plus globalement, cet effort devrait se poursuivre pour accompagner à distance les adhérents dans leurs interrogations et leurs démarches médicales.
L’innovation peut également concerner des champs jusqu’alors peu explorés. Pour reprendre les thèmes débattus le 11 décembre, la Mucs a notamment identifié trois projets potentiels à développer : la mise en place d’un centre de télédiagnostic, pour mettre en relation patients et spécialistes au plus tôt de la maladie ; le développement d’un réseau de transport sanitaire alternatif, pour faciliter les déplacements des patients, tout en limitant les coûts généralement élevés de ce type de service ; ou encore la mise en place d’un réseau de chambres d’hôtes à proximité des hôpitaux, pour permettre aux familles d’accompagner au mieux l’enfant hospitalisé.
Autant de projets qui, espérons-le, pourront à terme renforcer la valeur ajoutée mutualiste apportée par la Mucs à ses adhérents.

* Le compte rendu des débats de ce « Café social » est disponible sur Mucs.fr.

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