Lancement réussi pour les autotests VIH

, par  Vincent Portois

L’autotest VIH, moyen de dépistage simple et efficace, fait son bonhomme de chemin. Depuis son lancement en septembre 2015, 140 000 autotests ont été vendus par plus de 11 200 pharmacies. Certes, comparé aux 5,2 millions de personnes ayant réalisé un test en laboratoire en 2014 (selon Aides), c’est peu. Mais force est de constater que la protection de l’anonymat permis par l’autotest aide à passer le cap.

Depuis septembre 2015, le premier autotest sanguin de dépistage du VIH est disponible dans les officines, sans ordonnance et en sautant la case « laboratoire d’analyses médicales ». Enfin, presque. Distribué par Mylan, ce test rapide (quinze minutes) est fiable à 99 %, mais, en cas de résultat positif, un rendez-vous en laboratoire est nécessaire pour le confirmer. Avec près de 2 000 ventes par semaine, dans plus d’une pharmacie sur deux en France, l’autotest a donc convaincu. Les deux partenaires, la société française AAZ et le laboratoire Mylan, ont même lancé une enquête pour confirmer ce bon départ. Cette dernière, réalisée par la pharmacie en ligne IllicoPharma, mettait en avant la note de satisfaction de 9 sur 10 par les utilisateurs, ainsi que les 40 % d’utilisateurs pour lesquels il s’agissait d’un premier dépistage du VIH. Et, parmi eux, 55 % ne seraient pas allés en centre de dépistage si l’autotest n’était pas disponible en pharmacie.
L’autotest VIH a connu un parcours sans faille depuis son lancement. Beaucoup de pharmaciens, en première ligne face aux « testeurs », ont suivi des formations aux autotests et ont même placé, dans un second temps, des kits de sensibilisation au dépistage du VIH dans leurs officines. Dans leur communiqué de presse, Mylan et AAZ se réjouissent aussi de l’appui décisif du ministère de la Santé. Ce soutien s’est matérialisé par des annonces, mais aussi par des campagnes d’incitation au dépistage de l’Institut national de prévention et d’éducation par la santé (Inpes). AAZ et Mylan expliquent que les actions de communication ont « facilité l’accès à l’information et ont permis d’intégrer l’autotest VIH parmi les moyens déjà disponibles de dépistage ».

Un bilan à nuancer

Aujourd’hui, 150 000 personnes vivent avec le VIH et près de 30 000 ignorent leur séropositivité. Si une nouveauté peut aider à faire baisser ces chiffres, les professionnels de santé et les associations sont preneurs… même si ces dernières, notamment Aides et HF Prévention Santé, trouvent dommage que l’autotest soit si cher (25 euros en moyenne) et non remboursé par la Sécurité sociale. Le problème de la découverte du résultat positif, seul et non dans un laboratoire ou un centre de dépistage avec un accompagnement de professionnels, peut constituer un autre problème.
Dans les pages santé du Figaro du 22 novembre, le chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon (Paris), le professeur Gilles Pialoux, précise que le manque de libre-service dans les officines n’aide pas : « On sait bien que lorsque les préservatifs sont à l’entrée de la pharmacie, ils partent rapidement, mais s’ils sont derrière le comptoir, c’est plus difficile à demander. » A titre de comparaison, la Chine teste un autre moyen de distribution, pour le moins original, puisqu’à l’université Southwest Petroleum, dans la province du Sichuan, on peut trouver des distributeurs automatiques d’autotests VIH, mis en place afin d’enrayer une épidémie grandissante, surtout chez les jeunes. Et, selon le site anglophone What’s on Weibo relayant cette information, l’accueil se révèle très bon, notamment grâce à un prix relativement faible de 4 euros.

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