La Mucs en plein développement

Le trésorier de la Mucs, Rija Rakotoarivony, nous présente les orientations stra­té­giques de la mutuelle des Scop, avec l’ambition d’en faire un opérateur mutualiste de référence et indépendant, dans un secteur de la complé­mentaire santé en pleine mutation.

En 2012, un nouveau conseil d’admi­nistration arrive à la tête de la Mucs. Rija Rakotoarivony, directeur administratif et financier du groupe Up, est sollicité pour occuper le poste de trésorier. La nouvelle équipe part sur une idée force : faire de la mutuelle le partenaire santé des acteurs de l’économie sociale, et plus spécifiquement des Scop.

Virage des Scop

Mutuelle du commerce pendant cent cinquante ans, la Mucs prend le virage des Scop à la fin des années 90, avec l’arrivée de Chèque Déjeuner et des unions ­régionales des Scop. Cette orientation tarde à porter ses fruits faute de formalisation. En 2012, la décision est donc prise d’écrire clairement dans la baseline (la ­«  signature  ») de la Mucs : «  mutuelle des Scop  ». «  A partir du moment où cette identité a été affirmée, la mutuelle est devenue un outil du mouvement Scop  », selon son trésorier. Des démarches prospectives ont également été entreprises pour accroître la notoriété de la mutuelle dans le mouvement.
La nouvelle équipe fait le choix d’une prospection directe et répond aux appels d’offres lancés par les Scop. Le fait que les administrateurs soient issus du secteur est un gage de ­proximité. Et ça marche : aujourd’hui 160 Scop sont adhérentes et le nombre d’ayants droit couverts a triplé en trois ans. «  Nous visons un rythme de 2 000 nou­veaux entrants par an  », précise Rija Rakotoarivony. Il y a en effet un marché, avec l’accord national interprofessionnel (ANI) qui rend obligatoires les mutuelles de groupe à partir du 1er  janvier 2016 dans les entreprises.

Couverture unique

«  La plupart des mutuelles et des compagnies d’assurance proposent des prestations de base avec des cotisations de base, auxquelles chaque salarié est libre d’ajouter des options. A terme, ce n’est pas notre philosophie, souligne le trésorier. A l’opposé du “low cost”, nous proposerons une cotisation unique avec les mêmes prestations pour tout le monde, car les cadres ne tombent pas plus malades, ni n’ont besoin de plus de lunettes !  » Avec cette couverture unique, la Mucs concrétisera ses valeurs mutualistes : l’assurance de tous, quel que soit l’âge et sans questionnaire de santé, selon le principe de mutualisation. Pour Rija Rakotoarivony, «  ce positionnement mutualiste est le meilleur moyen de se différencier des autres offres  ».
La Mucs s’est également lancée dans «  la professionnalisation de [sa] démarche  », avec des plans d’action stratégique, commerciale et marketing et des plans financiers sur plusieurs années partagés avec les diverses parties prenantes.

Innover dans la solidarité

Quel avenir pour la Mucs ? «  Faire partie, en 2020, des dernières mutuelles indépendantes.  » Depuis une dizaine d’années, un phénomène de fusion et d’absorption est en cours, qui aboutit à la disparition des petits acteurs mutualistes. «  C’est pour cette raison que nous visons les 16 000 personnes protégées, que nous nouons des partenariats avec des réseaux de soins de qualité et que nous nous positionnons sur les valeurs mutualistes  », explique Rija Rakotoarivony. La Mucs a ainsi passé un partenariat fort avec Harmonie Mutuelle qui lui permet de s’appuyer sur le réseau de professionnels de santé de celle-ci (Kalivia), de proposer le tiers payant et des produits 30 à 40 % moins chers.
La Mucs joue aussi la carte de l’innovation dans le domaine de la santé, en prévoyant de promouvoir des dispositifs comme «  le deuxième avis médical à distance  » ou la télémédecine pour remédier à la problématique des déserts médicaux. «  Si les mutuelles ne s’emparent pas de ces sujets, nous allons évoluer vers un système de santé à l’américaine, chacun cotisant pour lui-même, les innovations visant surtout à surveiller les comportements sanitaires des adhérents. Nous avons d’autres ambitions que de transformer nos adhérents en cyborgs ou de leur proposer des services “low cost” !  », insiste Rija Rakotoarivony. La santé n’est pas à vendre…

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