La leptospirose progresse en métropole

, par  Delphine Delarue

Mieux connue sous le nom de maladie des rats, la leptospirose a vu son incidence considérablement augmenter chez l’homme en 2014-2015, pour atteindre un niveau jamais vu en France métropolitaine depuis 1920. Endémique dans les territoires d’outre-mer, cette zoonose est désormais considérée comme maladie émergente « en raison du changement climatique et de l’urbanisation grandissante », indique le BEH dans son édition du 4 avril.

Avec un doublement du nombre de cas au cours de la période 2014-2015, l’incidence de la leptospirose (ou maladie des rats) chez l’homme a atteint son score le plus élevé en France métropolitaine depuis 1920, soit un cas pour 100 000 habitants. C’est ce que révèle le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’agence Santé publique France dans son numéro du 4 avril. Très fréquente dans les collectivités et les départements d’outre-mer comme la Martinique, la Guadeloupe ou la Réunion, où son incidence est jusqu’à cinquante fois plus importante qu’en métropole, cette zoonose demeure peu connue dans l’Hexagone. Le BEH rappelle pourtant qu’avec un million de cas et 60 000 décès par an la leptospirose représente incontestablement « un problème de santé publique d’importance internationale ». Son fardeau « est comparable, voire supérieur à celui d’autres maladies tropicales négligées comme la dengue ou la leishmaniose », indiquent les chercheurs. Et en raison « du changement climatique (réchauffement et phénomènes climatiques extrêmes plus fréquents entraînant des inondations) et de l’urbanisation grandissante (transmission par l’intermédiaire des rats dans les zones insalubres de type bidonvilles) », la leptospirose est désormais considérée comme une maladie émergente à ne pas négliger.

Contamination par l’environnement hydrique

Causée par les bactéries leptospires, la leptospirose touche essentiellement les rats, mais également l’ensemble des rongeurs, ainsi que d’autres animaux sauvages, domestiques et d’élevage. Ce sont les bactéries excrétées dans les urines de l’animal atteint qui contaminent l’environnement hydrique, « propageant ainsi la maladie à d’autres animaux ou à l’homme », précise le BEH. Si la population est largement exposée dans les régions tropicales, où les conditions climatiques sont propices au maintien des leptospires dans l’environnement, elle l’est beaucoup moins dans les zones tempérées. Seules certaines catégories professionnelles sont directement concernées : il s’agit des agriculteurs, des éleveurs, des égoutiers et des pisciculteurs, ainsi que les adeptes de loisirs en plein air (pêche, rafting, canyoning). Il existe un vaccin, le Spirolept, spécialement recommandé pour toutes ces populations à risque.
Quand l’homme est contaminé, les premiers symptômes, proches de ceux de la grippe, se manifestent après une période d’incubation d’une dizaine de jours. Si la maladie n’est pas rapidement traitée par une antibiothérapie, elle peut évoluer vers une défaillance multiviscérale potentiellement mortelle, caractérisée par une insuffisance rénale, des hémorragies viscérales et un ictère (jaunisse). Selon le BEH, ce sont essentiellement des mesures « d’amélioration de l’habitat, de la gestion des eaux usées et des eaux pluviales ainsi que des déchets et de l’accès à l’eau potable » qui permettront de contrôler le développement de la leptospirose dans l’avenir.

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