La lèpre, une maladie encore d’actualité

, par  Pauline Maisterra

Chaque année, plus de 200 000 nouveaux cas de lèpre sont diagnostiqués dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La maladie fait donc toujours des victimes, malgré l’existence d’un traitement efficace. Le point à l’occasion de la 62e Journée mondiale des lépreux.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 215 000 nouveaux cas de lèpre ont été détectés en 2013, soit un toutes les deux minutes. « Les chiffres sont stables depuis cinq ou six ans, assure Bénédicte de Charette, responsable de l’aide aux lépreux et des projets santé à la Fondation Raoul Follereau. Dans les années 80, on estimait qu’il y avait entre 13 et 15 millions de lépreux dans le monde. » Aujourd’hui, il y en a près de 2,8 millions, principalement en Afrique et en Asie. Des chiffres qui ont chuté grâce à la mise sur le marché de la polychimiothérapie (PCT), le seul traitement efficace, gratuit depuis 1995 et fourni par l’OMS. Celui-ci n’a pourtant pas permis d’éliminer la maladie. « Le problème, c’est que la contamination est lente », souligne Bénédicte de Charette. La période d’incubation est de cinq ans en moyenne et les symptômes peuvent n’apparaître qu’au bout de vingt ans.
Le premier signe de la maladie est une tache sur la peau insensible au toucher. La lèpre étant provoquée par un bacille, appelé Mycobacterium leprae, qui attaque le derme et les nerfs périphériques, les malades n’ont plus de sensation de toucher ou de douleur. Le risque de plaies, d’infections et donc d’amputations est très important. Pour éviter que ces lésions ne deviennent irréversibles, il faut dépister le plus tôt possible la maladie, qui se transmet par « des gouttelettes d’origine nasale lors de contacts étroits et fréquents avec des personnes infectées et non traitées », précise l’Institut Pasteur.

Une nouvelle stratégie pour stopper la contagion

L’OMS, avec des acteurs sensibles à la cause comme la Fédération des associations internationales luttant contre la lèpre dans le monde, a mis au point un nouveau plan d’action pour les trois ans à venir. Les objectifs visés sont : prévenir les invalidités, poursuivre la lutte contre l’exclusion en favorisant la réinsertion sociale et stopper la transmission en dépistant activement les malades. Pour cela, « les agents de santé se rendent dans les zones endémiques, explique Bénédicte de Charette. C’est normalement aux malades de se déplacer jusqu’à un centre de soins, mais il n’y en a pas partout et certaines personnes habitent loin. De plus, cette maladie est encore associée pour quelques-uns à un mauvais esprit. Il y a toujours beaucoup de croyances sur le sujet ». En allant au contact de la population, le nombre de nouveaux cas risque d’augmenter. « Ça a été le cas dernièrement en Côte d’Ivoire et à Madagascar », constate-t-elle. La maladie est donc sous-estimée. Pour Bénédicte de Charette, l’une des solutions serait un dépistage beaucoup plus simple et rapide : « Aujourd’hui, pour faire un dépistage, le médecin ou le soignant fait d’abord un examen clinique, puis, s’il y a des signes, une bacilloscopie, c’est-à-dire un prélèvement d’échantillons pour regarder aux microscopes si la bactérie est présente ou non. »

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