L’OCDE juge le système de santé français

, par  Léa Vandeputte

Avec ses forces et ses faiblesses, le système de santé français « se compare toujours avantageusement » aux autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais la France peut encore s’améliorer, notamment en ce qui concerne la consommation de tabac et d’alcool.

En matière de santé, la France fait partie des bons élèves par rapport aux trente-quatre pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En témoigne l’espérance de vie de ses habitants, qui s’élève à 82,3 ans, contre 80,5 ans dans les autres pays. Pourtant, des progrès peuvent encore être réalisés, selon le Panorama de la santé 2015 de l’OCDE.

Un point fort : l’accès aux soins

Cette étude juge l’accès aux soins des Français « très bon », même si 23 % de la population ayant des revenus en dessous de la moyenne déclare avoir des besoins non satisfaits pour des raisons financières, parce que les services de proximité ne sont pas disponibles ou à cause de délais d’attente trop longs. Du côté des dépenses, le reste à charge des patients en France est parmi les plus faibles de l’OCDE : il représente 7 % des dépenses totales de santé en 2013, contre environ 20 % pour les autres pays. Ce chiffre s’explique notamment par le fait que pratiquement tous les Français (95 %) sont couverts par une complémentaire santé.

Réduire les facteurs de risque liés au tabac et à l’alcool

Malgré ces bons résultats, l’étude indique que la France « doit poursuivre ses efforts pour réduire les facteurs de risque pour la santé, notamment le tabagisme et la consommation nocive d’alcool ». Il faut savoir que 24 % de sa population fume quotidiennement : une moyenne bien supérieure à celle de l’OCDE (20 %) et même deux fois plus élevée qu’en Suède ou en Australie. Quant à la consommation d’alcool dans l’Hexagone, bien qu’elle ait diminué au cours des trente dernières années, elle reste l’une des plus élevée de l’OCDE, avec une moyenne de 11,1 litres d’alcool pur par habitant et par an, contre 8,8 litres en moyenne dans les autres pays. L’étude préconise d’ailleurs de « maintenir le plus possible » les mesures pour limiter la publicité des boissons alcoolisées inscrites dans la loi Evin.
Autre piste d’amélioration : la lutte contre l’obésité. Le nombre d’adultes en surpoids ou obèses en France, bien qu’étant plus faible que dans les autres pays de l’OCDE, augmente en effet de façon régulière : en 2012, un Français sur sept était obèse, contre un sur neuf en 2000. Par ailleurs, les femmes et les hommes ayant un faible niveau d’éducation ont environ deux fois plus de risques d’être obèses que les autres. Le statut socioéconomique joue donc un rôle important.

Améliorer encore la qualité des soins

Si l’étude de l’OCDE met en avant la qualité des soins prodigués en France, elle note toutefois que des progrès sont possibles, notamment en termes de prise en charge des maladies chroniques. « Comme dans plusieurs autres pays, l’un des défis majeurs du système de santé en France est de mieux prendre en charge le nombre grandissant de personnes qui atteignent des âges élevés avec une ou plusieurs maladies chroniques, dans le but de limiter les hospitalisations évitables. » Les taux d’admission à l’hôpital pour le diabète sont, par exemple, plus élevés en France que dans la majorité des autres pays de l’OCDE.
Pour finir, l’étude délivre quatre pistes afin de parfaire le système de santé français : « améliorer la pertinence des actes (diagnostiques et chirurgicaux), réduire la durée de séjour à l’hôpital, développer la chirurgie ambulatoire et accroître la part des génériques ».

Source
- « Panorama de la santé 2015 : les indicateurs de l’OCDE », Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Paris, 2015.

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