Journée nationale de l’audition : vivre avec les acouphènes et l’hyperacousie

, par  Delphine Delarue

Cette année, la Journée nationale de l’audition (JNA), qui a lieu le jeudi 13 mars, s’intéresse aux acouphènes et à l’hyperacousie, deux pathologies particulièrement handicapantes qui toucheraient 16 millions de Français. Des solutions existent pour aider les patients à mieux vivre ces troubles, mais plus de la moitié des personnes concernées ne consultent pas.

Vous souffrez de bourdonnements, de sifflements dans la tête et dans l’oreille de façon ponctuelle ou permanente ? Certains bruits anodins de la vie quotidienne vous agressent de manière démesurée et deviennent invivables Peut-être faites vous partie des 16 millions de Français qui souffrent d’acouphènes ou d’hyperacousie, deux troubles auditifs de plus en plus fréquents selon une enquête réalisée pour la Journée nationale de l’audition (JNA), qui se déroule le jeudi 13 mars partout en France. « Vivre avec ces gênes auditives en permanence est insupportable et provoque fatigabilité, dégradation de la vie intellectuelle, physique, psychique et sociale, explique l’Association pour l’information et la prévention dans le domaine de l’audition (association JNA), organisatrice de la journée nationale. Ces déséquilibres peuvent parfois amener les sujets les plus fragiles […] à tomber en dépression. » Longtemps considérés comme des maladies mentales, les acouphènes et l’hyperacousie sont aujourd’hui reconnus comme des pathologies ORL, qui peuvent concerner toutes les tranches d’âges.

Origines multiples

« Traumatisme sensoriel auditif lié aux pratiques d’écoute de musique amplifiée ou au bruit au travail, usure des mécanismes de l’oreille avec l’âge, choc émotionnel, prise de médicaments ototoxiques : l’origine de ces troubles est multiple », ajoute l’association de prévention. Si une fois installées les lésions auditives sont irréversibles, des solutions existent cependant pour aider les patients à mieux vivre. Parmi celles-ci, on peut citer les prescriptions de vasodilatateurs, d’oxygénateurs périphériques ou d’anxiolytiques, mais surtout les aides non médicamenteuses comme la pose d’un générateur de « bruits blancs ». Cet appareil diffuse des sons neutres (comme le bruit du souffle) destinés à détourner le cerveau des sifflements et des bourdonnements. Cette méthode est aussi utilisée pour l’hyperacousie et permet, dans certains cas, de réhabituer l’oreille aux sons normalement supportables.

Concernant les acouphènes, les thérapies comportementales et cognitives et la sophrologie, qui favorisent l’habituation aux troubles en en diminuant leur caractère intrusif, peuvent aussi aider. D’où l’importance de prendre rendez-vous chez un spécialiste, l’ORL en premier lieu, qui saura mettre en place la prise en charge la mieux adaptée. Actuellement, plus de la moitié des personnes qui souffrent d’acouphènes ou d’hyperacousie ne consultent pas.

Un large dispositif d’information

La Journée nationale de l’audition est donc l’occasion de faire le point. Le programme des différentes actions d’information et de prévention de cette dix-septième édition (conférences, ateliers, débats, concerts pédagogiques, tests d’audition gratuits) est consultable sur le site de la campagne : Journee-audition.org. Vous pouvez également obtenir ces renseignements par téléphone au 0 810 200 219. Ce numéro Azur offre aussi la possibilité de poser des questions aux médecins ORL référents de l’association JNA. Vous pouvez par ailleurs télécharger en PDF le journal de l’association Tout savoir sur mon audition, ainsi que divers documents, brochures et dépliants rédigés avec le concours du comité scientifique pluridisciplinaire de la JNA.

Appareils auditifs : deux tiers des personnes équipées ne seraient pas satisfaites
Selon une récente enquête réalisée par le cabinet Senior Strategic, deux tiers des personnes équipées en appareils auditifs n’en seraient pas satisfaites. En cause : essentiellement des problèmes de réglage ou d’adaptation et des sensations de gêne liées à la présence de l’appareil. Il faut toutefois préciser qu’en France, notamment, la plupart des personnes concernées tardent à se faire appareiller, parce que les prothèses auditives renvoient, à tort, une image de vieillissement et qu’elles sont jugées inesthétiques. Or, les appareils sont aujourd’hui très discrets (on ne les voit pratiquement pas), et plus on repousse l’équipement dans le temps, plus l’adaptation sera longue et difficile.

 

Source
- « Journée nationale de l’audition : acouphènes et hyperacousie, quelles solutions ? », dossier de presse de l’association JNA, mars 2014.

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