Journée du sommeil : attention à la somnolence au volant

, par  Delphine Delarue

La quatorzième édition de cette journée nationale s’intéresse aux interactions entre notre sommeil et les modes de transport que nous utilisons pour nous rendre à notre travail. Selon une étude réalisée pour l’occasion, un conducteur sur dix s’est déjà endormi sur le chemin du bureau. Un phénomène lié à des nuits trop courtes, mais aussi à des troubles tels que l’insomnie ou les réveils nocturnes.

Comme tous les ans, la Journée nationale du sommeil, qui se déroule ce 28 mars, a pour objectif de sensibiliser le grand public aux problématiques liées à une activité à laquelle nous consacrons quasiment un tiers de notre vie. A l’occasion de cette journée, les centres du sommeil ouvrent leurs portes, avec la participation de professionnels de santé et d’associations de malades, pour informer le public sur les différents troubles qui empêchent de bien dormir. Parallèlement, de nombreuses rencontres, conférences ou tables rondes sont prévues partout en France (renseignements sur le site Institut-sommeil-vigilance.org) autour du thème retenu pour cette quatorzième édition : « Sommeil et transports ». Il s’agira notamment de réfléchir aux interactions entre les modes de locomotion (transports en commun, voiture) utilisés pour aller travailler et le sommeil. Quel est le sommeil de ceux qui se déplacent chaque jour pour aller travailler ? Le choix du mode de transport a-t-il une influence sur la qualité ou la durée de nos nuits ? Peut-on récupérer d’une nuit trop courte dans les transports en commun ? Comment éviter la somnolence au volant ? Autant de questions auxquelles les participants tenteront de répondre.

Moins de six heures par nuit pour un actif sur trois

Premiers éclaircissements, selon une enquête Opinionway pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la MGEN : un conducteur sur dix s’est endormi au moins une fois au volant dans l’année en se rendant à son travail. Si la plupart du temps le réveil est quasi immédiat et permet d’éviter l’accident, le chiffre souligne néanmoins les conséquences dramatiques que peut causer le manque de sommeil. Toujours d’après cette étude, un actif sur trois dort moins de six heures par nuit, « bien en deçà du temps de sommeil recommandé pour éviter les troubles de santé », précise le professeur Damien Léger, président de l’INSV. Ces troubles, loin d’être anodins, peuvent aller de la simple diminution de vigilance à l’augmentation des risques d’obésité, de diabète ou de maladies cardiovasculaires, sans parler de l’affaiblissement des défenses humanitaires. Si les actifs dorment peu, ils dorment aussi mal : plus des deux tiers se réveillent au moins une fois pendant la nuit et 19 % disent souffrir d’insomnie.

La grasse matinée du week-end

Ce manque de sommeil, les actifs le récupèrent surtout le week-end, lors de siestes ou de grasses matinées : « Si près de neuf actifs sur dix se lèvent à 7 heures ou plus tôt en semaine, leur heure du réveil approche 9 heures le week-end, note l’enquête. Et durant ces deux jours de tranquillité, ils paressent vingt-trois minutes en moyenne dans leur lit avant de se lever. » Pendant la semaine, une partie de ceux qui prennent les transports (39 %) en profitent aussi pour piquer un petit somme. Mais il faut préciser que seulement 10 % des travailleurs se déplacent en transports en commun (50 % en Ile-de-France).
Pour éviter aux automobilistes de s’endormir au volant, l’INSV recommande de privilégier les transports en train, en bus, en métro ou en tramway, en particulier pour les personnes à risque présentant des troubles du sommeil. Et au volant, conclut l’institut, « le bon réflexe, c’est la pause. Ces petits moments off n’offrent pas de récupération à proprement parler, mais ils contribuent à améliorer la vigilance et, en corollaire, minimisent le risque de somnolence ».

Source
- « XIVe Journée du sommeil, sommeil et transports », Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), dossier de presse mars 2014.

 

Mieux dormir : les conseils de l’Institut national du sommeil
- Le soir, éviter de consommer des produits excitants, comme le café, le thé, la vitamine C ou le cola.
- Eviter les repas trop copieux et l’alcool au dîner.
- Ne pas pratiquer d’activité physique après 20 heures. Eviter les écrans et favoriser les activités calmes comme la lecture ou la relaxation.
- Respecter son rythme de sommeil.
- Ecouter les signaux du sommeil : bâillements, yeux qui piquent…
- Au lit, éviter de manger ou de travailler.
- Dans la journée, faire des siestes quand on le peut.

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