Journée des aidants : 8 millions de personnes au chevet d’un proche

, par  Delphine Delarue

La Journée nationale des aidants, le 6 octobre, a été l’occasion de mettre en lumière le quotidien des 8 millions de femmes et d’hommes qui mettent leur vie entre parenthèses pour soutenir un proche dépendant. Selon les associations, ces prises en charge, particulièrement épuisantes, sont encore insuffisamment reconnues et soutenues par les pouvoirs publics.

En France, 8,6 millions de personnes soutiennent quotidiennement un proche en situation de dépendance, de maladie ou de handicap. C’est ce que nous apprend le baromètre Senior Stratégic-UNA, publié à l’occasion de la Journée nationale des aidants, qui a eu lieu le 6 octobre. Parmi ces aidants, on compte 76 % de femmes, et la proportion augmente avec l’âge : cette situation concerne 8 % des 18-40 ans et 24 % des 61-79 ans. Malgré la difficulté de leur tâche, ceux qui mettent leur vie entre parenthèses pour aider une personne dépendante sont 69 % à estimer ne pas être suffisamment reconnus par la société. Le baromètre précise aussi que de nombreux « Français non aidants » n’ont pas conscience de la situation réelle des aidants, puisque 48 % d’entre eux estiment que ces derniers n’ont pas à être davantage reconnus.

Les « secondes victimes »

Ces femmes et ces hommes sont pourtant bien « les secondes victimes » des situations de dépendance, comme l’affirme l’Association française contre les myopathies (AFM) dans un communiqué. Cuisine, toilette, ménage, courses, visites chez le médecin, soins… : ils assurent chaque jour une multitude de tâches. « Un quotidien auquel ils sont attachés, qu’ils ont du mal à déléguer, mais qui n’est pas sans impact sur leur santé », précise l’association. Parmi les aidants, en effet, 48 % souffrent eux-mêmes d’une maladie chronique et 29% déclarent se sentir anxieux et stressés. Epuisement physique, fatigue morale, isolement, culpabilité, voire dépression sont leur lot quotidien. Par ailleurs, les aidants sont souvent amenés à renoncer à leur propre vie familiale, sociale et professionnelle. Un fardeau d’autant plus lourd à porter que la relation initiale qui lie l’aidant à la personne aidée (parent, enfant, conjoint, ami) se trouve la plupart du temps profondément perturbée par la situation de dépendance.

Pas assez de progrès

Selon l’Association française des aidants, malgré les quelques progrès réalisés ces dernières années, la prise en compte de la situation de toutes ces personnes est encore trop insuffisante. D’après la loi, si le congé de solidarité familiale (trois mois, renouvelable une fois) destiné à accompagner une fin de vie est indemnisé pendant vingt et un jours, le congé de soutien familial (trois mois, également renouvelable une fois) n’est lui pas du tout rémunéré. Et l’annonce d’un futur droit de répit sous forme d’aide annuelle pour financer un hébergement temporaire ne calme pas les attentes.

Parallèlement, de nombreuses associations ont mis en place des initiatives destinées à accompagner ces femmes et ces hommes : l’Association française des aidants propose par exemple des « cafés des aidants » partout en France, de véritables temps d’échanges où se retrouver et partager son expérience. Avec ses « haltes relais », ses « cafés mémoire » et ses séjours de répit, France Alzheimer apporte également une aide non négligeable. Cent cinquante plateformes d’accompagnement et de répit financées par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) sont en outre accessibles en passant par les sites Internet des ARS. Les aidants peuvent aussi se renseigner auprès des centres locaux d’information et de coordination (Clic) ou des centres communaux d’action sociale (CCAS).

Sources
- « Journée nationale des aidants, 6 octobre 2014 », dossier de presse de l’AFM Téléthon.
- « Baromètre Senior Strategic dans le cadre de la Journée nationale des aidants », Senior Strategic-UNA, octobre 2014.
- « Journée nationale des aidants le 6 octobre 2014 », Jean-Christophe Martineau, Notretemps.com, 16 septembre 2014.
- « Journée nationale des aidants : des solutions pour les soutenir », Léa Drouelle, Pourquoidocteur.fr, 6 octobre 2014.

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