Arrêter le tabac avant 40 ans diminue de 90 % le risque de mourir d’une maladie cardiovasculaire

, par  Delphine Delarue

D’après une étude publiée récemment dans le Journal of the American Heart Association, ceux qui commencent à fumer jeune ont un risque trois fois plus élevé de mourir précocement d’une pathologie cardiovasculaire. En revanche, arrêter avant 40 ans diminue ce risque de 90 %. De quoi encourager les fumeurs à en finir avec la cigarette, alors que le #Mois sans tabac vient de commencer et se poursuit jusqu’au 10 décembre.

« L’âge auquel une personne commence à fumer est un facteur important et souvent négligé, et ceux qui commencent à fumer à un jeune âge courent un risque particulièrement élevé de mourir prématurément d’une maladie cardiovasculaire », explique Blake Thomson, épidémiologiste à l’université d’Oxford en Angleterre et auteur principal d’une étude publiée mercredi 28 octobre dans le Journal of the American Heart Association. Selon ces travaux, ceux qui commencent le tabac avant l’âge de 15 ans ont un risque trois fois plus élevé que celui des non-fumeurs de décéder suite à une pathologie cardiaque ou vasculaire.

19 % des fumeurs étudiés ont commencé entre 10 et 14 ans
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs du George Institute for Global Health ont analysé des données collectées entre 1997 et 2014 auprès de 391 000 Américains, dont 58 % de non-fumeurs, 23 % d’anciens fumeurs et 19 % de fumeurs (les fumeurs occasionnels ont été écartés de l’étude). Parmi les fumeurs, 2 % ont commencé le tabac avant l’âge de 10 ans et 19 % entre 10 et 14 ans. Au cours de ce suivi, près de 4 500 décès survenus chez des personnes de moins de 75 ans et liés à une maladie cardiovasculaire ont été relevés.

En revanche, l’étude montre qu’arrêter de fumer réduit considérablement le risque de mortalité cardiovasculaire précoce, surtout si l’on s’y prend tôt. Ainsi, ceux qui décrochent entre 15 et 34 ans ont un risque comparable à celui des non-fumeurs. Et le risque n’est plus multiplié que par 1,2 pour ceux qui arrêtent entre 35 et 44 ans, par 1,6 entre 45 et 54 ans et par 1,7 entre 55 et 64 ans. Globalement, « arrêter de fumer avant 40 ans réduit le risque de décès prématuré par maladie cardiovasculaire d’environ 90 % », concluent les chercheurs.

#Mois sans tabac : pour enfin en finir avec la cigarette
Les données précises de cette étude devraient encourager les fumeurs qui souhaitent arrêter la cigarette. Ils peuvent pour cela s’appuyer sur le #Mois sans tabac, ce grand défi collectif lancé annuellement en novembre par l’agence Santé publique France, en partenariat avec le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Assurance maladie. Cette cinquième édition offre aux participants un nouvel accompagnement au sevrage baptisé « Programme 40 jours », un dispositif de coaching conçu en deux phases : 10 jours de préparation et 30 jours de défi. Chaque jour, des conseils, des activités ou des challenges sont proposés pour entretenir la motivation.

« On comptait déjà 94 987 inscrits au 29 octobre sur la plateforme dédiée, précise Santé publique France. Arrêter le tabac lors de (cette) opération multiplie par deux la réussite du sevrage tabagique à un an par rapport aux taux de succès observés dans la littérature scientifique pour les tentatives d’arrêt sans aide extérieure. » Après 30 jours d’abstinence, la dépendance s’avère en effet moins forte et les symptômes de manque, comme la nervosité et l’irritabilité, sont moins présents. Au final : un mois sans tabac « multiplie par cinq les chances d’arrêter de fumer définitivement », conclut l’agence gouvernementale.

Un programme qui a fait ses preuves
Les quatre premières éditions du #Mois sans tabac ont enregistré plus de 784 000 inscriptions, dont plus de 200 000 en 2019. D’après Santé publique France, « la campagne a contribué à la baisse historique de la proportion de fumeurs en France, dans le cadre du Programme national de lutte contre le tabac (PNLT). Ainsi, de 2014 à 2019, le nombre de fumeurs quotidiens a diminué de 1,9 million. »

Chaque année, la cigarette tue 75 000 personnes. Le tabagisme « constitue l’addiction la plus fréquente et la plus sévère », rappelle de son côté la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). C’est aussi « la première cause de mortalité prématurée évitable et le premier facteur de risque de cancer. » (Voir aussi ci-dessous le Facebook live organisé par la plateforme avec la tabacologue Caroline Mouillard )

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