Janvier sans alcool : une campagne peu soutenue

, par  Isabelle Coston

Plusieurs associations proposent de relever un défi tout au long de janvier : c’est le Dry January, autrement dit le mois sans alcool, un challenge d’abstinence qui ne semble pas plaire à tout le monde…

À l’instar des Britanniques avec le Dry January, certains Français vont peut-être choisir de passer tout le mois de janvier sans boire une goutte d’alcool. Devant le succès rencontré outre-Manche par cette opération, une quarantaine d’associations concernées par l’addiction, le cancer et plus généralement la santé publique ont en effet décidé d’instaurer le Défi de janvier dans l’Hexagone.

Des réfractaires

Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. Les vives réactions suscitées par le lancement de cette campagne en France montrent à quel point l’alcool reste un sujet sensible dans le pays de la gastronomie et du bon vin. Dans une tribune publiée le 10 décembre dans Le Figaro, l’écrivain Philippe Claudel, le chef pâtissier Cyril Lignac, le chef cuisinier Guy Savoy, le comédien Pierre Arditi, l’écrivaine Katherine Pancol et des dizaines d’autres personnalités encore s’insurgeaient contre l’idée d’un Dry January à la française, fustigeant une campagne moralisatrice qui stigmatise les amateurs de vin.
Cette campagne a d’ailleurs bien failli ne jamais voir le jour. Initialement prévue par Santé Publique France, l’opération Mois sans alcool a finalement été annulée par l’Élysée. Mais « malgré les efforts du lobby alcoolier, malgré l’annulation sous pression de l’Élysée, il y aura bien une campagne de « Dry January » en France. Une campagne animée par les associations, sans aucun soutien de l’État », précise le docteur Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).

Faire évoluer son rapport à l’alcool

Au-delà de la prise de conscience des méfaits de l’alcool sur sa santé, cette pause d’un mois a surtout pour objectif de sensibiliser sur la place qu’il occupe dans son quotidien et sa vie sociale, défendent les médecins et associations. « Il ne s’agit pas de porter un regard moralisateur ni même de forcer l’abstinence, mais de prendre un temps pour réfléchir à la place que l’alcool prend dans nos vies. C’est une opération ludique et pédagogique », poursuit le médecin. Les organisateurs du Défi de janvier rappellent notamment que la consommation d’alcool est à l’origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.) et qu’elle est responsable de 41 000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac (75 000).
Alors, et vous, êtes-vous prêt à relever le défi ?

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