IRM : les temps d’attente s’allongent

, par  Pauline Maisterra

Trente-sept jours et demi, c’est le temps d’attente moyen pour passer une IRM, selon l’association Imagerie Santé Avenir dans une enquête publiée le 7 juillet. Un délai qui augmente d’année en année. En cause : le sous-équipement matériel et la demande en examens qui explose.

Depuis 2003, la méthode est la même : l’association Imagerie Santé Avenir (ISA) demande par téléphone un rendez-vous pour réaliser une IRM lombaire « en urgence » dans le cadre d’une recherche d’extension d’un cancer. En 2013, le temps d’attente moyen était de 30,5 jours. Il est de 37,7 jours en 2014, soit « la pire année depuis onze ans », s’alarme l’ISA. Une attente disproportionnée au vu des objectifs du Plan cancer 2014-2019, qui l’avait fixée à vingt jours. Si le Languedoc-Roussillon s’en rapproche avec 25,8 jours, comme le Nord-Pas-de-Calais avec 26,3 jours, le délai passe à un mois en Ile-de-France et en Paca et à plus de deux mois (64 jours) en Basse-Normandie. Et que dire des Corses qui doivent s’armer de patience, le temps d’attente moyen étant estimé à 80,5 jours !

Deux fois moins d’équipements que les autres pays européens

D’après Imagerie Santé Avenir, la faiblesse du parc IRM en France explique cet allongement des délais : il y a seulement 10,7 machines par million d’habitants, le meilleur élève étant le Nord-Pas-de-Calais, avec un chiffre de 14,3. Loin, très loin derrière les autres pays d’Europe, qui en comptent 19,5. L’association pointe du doigt la rareté des nouveaux équipements : « seulement » 28 appareils d’IRM ont été installés en 2012, « deux fois moins qu’en 2011 ». Ainsi, au 1er janvier 2014, l’Hexagone comptait 684 appareils (hors IRM liées à l’activité vétérinaire, militaire ou de recherche).

Explosion des demandes

L’IRM est-elle devenue incontournable ? Les demandes d’examen se multiplient, toutes spécialités confondues : 32 % de plus en deux ans pour l’urologie, 24 % pour les pathologies cardiaques. Les patients souffrant de troubles de la prostate, du foie, de la rate ou du pancréas sont eux aussi de plus en plus dirigés vers l’IRM en substitution au scanner, trop irradiant. « Le problème, c’est que les indications pour lesquelles l’IRM s’impose médicalement augmentent plus vite que le parc », explique le professeur Jean-Yves Gauvry, neuroradiologue au CHU de Rennes et président de la Fédération d’imagerie des urgences, dans les colonnes du Parisien. « En neurologie par exemple, pour tout ce qui est crise convulsive, suspicion d’AVC, le scanner n’est absolument plus recommandé en première intention. L’IRM, plus sensible, permet des examens plus performants. Pour ces mêmes raisons, son usage grimpe aussi en cardiologie. En cancérologie, on s’aperçoit désormais que les examens doivent souvent être complétés par une IRM, incontournable ! »

Sources
- « Les délais d’attente pour une IRM continuent d’exploser », Lefigaro.fr, 8 juillet 2014.
- « Besoin d’une IRM en urgence ? Soyez patient », Leparisien.fr, Claudine Proust, 7 juillet 2014.

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