Hypertension : responsabiliser les patients

, par  Delphine Delarue

La Journée nationale de l’hypertension artérielle (HTA) a été l’occasion de rappeler les risques induits par cette pathologie qui concerne plus de 12 millions de personnes en France. Pour améliorer la prise en charge, le Comité français de lutte contre l’HTA (CFLHTA) plaide pour des consultations d’hypertension mieux conduites et le développement de l’automesure tensionnelle.

« Hypertendus : prenez vos consultations en main ! », tel était le slogan retenu pour la Journée nationale de l’hypertension artérielle (HTA) par le Comité français de lutte contre l’HTA (CFLHTA), qui avait lieu le 17 décembre. L’occasion pour les spécialistes de rappeler l’importance du suivi de cette maladie, parfois prise un peu à la légère par les patients : selon le comité, seul un hypertendu sur deux se soigne correctement. Or, mal traitée, l’hypertension artérielle, qui touche plus de 12 millions de Français, peut donner lieu à de sévères complications : accident vasculaire cérébral (AVC), infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque ou encore insuffisance rénale. Des pathologies graves, mais évitables par le suivi d’un traitement antihypertenseur adapté, une bonne hygiène alimentaire et la pratique régulière d’une activité physique. D’autres critères peuvent aussi permettre de contrôler la pression artérielle, comme l’arrêt du tabac et une consommation réduite de sel et d’alcool.

Le travail d’éducation du médecin

« Les patients manquent d’informations et de conseils pour prendre en charge convenablement leur pathologie, explique le docteur Bernard Vaïsse, président du CFLHTA. Un travail d’éducation est à faire par le médecin. Les consultations sont les moments opportuns pour aborder les différentes étapes de la prise en charge de l’HTA, ainsi que toutes les questions que se posent les patients. » Le comité plaide pour la mise en place de consultations complètes au cours desquelles le médecin prendrait le temps de bien expliquer la maladie, ses risques et la stratégie thérapeutique à mettre en place. Il a également édité un livret, téléchargeable sur son site Internet, pour aider les patients à bien préparer cette consultation d’hypertension, par exemple en anticipant leurs questions ou en apportant leurs résultats d’examens.
Le livret insiste aussi sur l’importance de l’automesure de la pression artérielle dans le suivi de la maladie. « Depuis une vingtaine d’années, des appareils électroniques automatisés sont apparus et ont permis d’améliorer la fiabilité de la mesure, précise le CFHTA. Leur développement facilite la mesure […] ailleurs qu’au cabinet médical. Les médecins ont en effet assez vite remarqué que certains patients présentaient des chiffres différents de pression artérielle, essentiellement plus élevés lors d’une consultation. »

L’effet « blouse blanche »

Ce phénomène s’explique notamment par le stress de la visite et ce que l’on appelle l’« effet blouse blanche ». Le niveau exact de la pression est en réalité celui qui est mesuré à domicile avec l’automesure tensionnelle (AMT), dans des conditions de vie habituelles. Pour cette raison, le CFHTA, mais aussi d’autres regroupements de spécialistes comme la Société française d’hypertension artérielle (SFHTA), recommande la généralisation de l’AMT. Actuellement, seuls 6 millions de Français, hypertendus ou non, possèdent un appareil de mesure. Pour inciter les malades à expérimenter cette technique, l’Assurance maladie a pris l’initiative de fournir dans les trois ans un appareil à tous les médecins de ville qui le souhaitent. Ils pourront ensuite prêter ces dispositifs de mesure à leurs patients pour confirmer un diagnostic, après leur avoir expliqué la « règle des trois » : trois mesures le matin, trois le soir, et ce pendant trois jours consécutifs.

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