Hôpital : près de 4 200 lits supprimés en 2018

, par  Léa Vandeputte

Un rapport sur les établissements de santé français publics et privés révèle que 4 195 lits d’hôpital ont été fermés en 2018. Dans le même temps, les urgences avaient enregistré 400 000 passages supplémentaires.

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié, le 3 juillet, son édition 2020 du panorama des établissements de santé. Il combine les différents indicateurs et présente les données relatives à la situation en France en 2018. Parmi les principaux enseignements de ce rapport, on apprend que 4 195 lits d’hospitalisation ont été supprimés, que le nombre de maternités est passé sous le seuil des 500 mais que les urgences ont enregistré 400 000 passages en plus.

L’ambulatoire se développe

Au 31 décembre 2018, le pays comptait 3 042 sites hospitaliers publics et privés, soit une baisse de 3 % par rapport à 2013. Le nombre de lits d’hospitalisation avec nuitée s’établissait à 396 000 et le nombre de places sans nuitée à 77 000. Illustration concrète du « virage ambulatoire » entamé ces dernières années, la Drees note que 17 % des journées d’hospitalisation sont sans nuitée, contre 15 % en 2013, pour les courts et moyens séjours ainsi que pour la psychiatrie. Le taux d’occupation des lits est quant à lui resté stable (82,9 %). Par ailleurs, 742 000 accouchements ont été comptabilisés dans les 491 maternités de l’Hexagone. Elles sont onze à avoir fermé leurs portes en 2018. La fréquentation des urgences a encore bondi avec 21,8 millions de passages, soit une hausse de 400 000 passages. Cette saturation a d’ailleurs provoqué un mouvement social sans précédent chez les soignants et ce, malgré les plans successifs – jugés insuffisants – mis en place par le gouvernement au fil des mois.

1,3 million d’emplois

Du côté des patients, 12,8 millions de Français ont été hospitalisés une ou plusieurs fois et les 75 ans et plus représentaient 19 %. Le secteur hospitalier reste un grand pourvoyeur d’emploi puisqu’il compte 1,3 million de salariés et de non-salariés dont 73 % dans le public et 27 % dans le privé. La Drees s’est aussi intéressée à la situation financière des établissements de santé. Le taux d’endettement – le nerf de la guerre – s’élève à 51,7 % dans les hôpitaux publics et à 30,7 % dans les cliniques privées. Nul doute que ces chiffres seront étudiés dans les détails par les participants au Ségur de la santé (lire notre article) qui devrait aboutir à un plan « massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières » promis par le président de la République Emmanuel Macron.

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