Homéopathie : fin de la prise en charge

, par  Delphine Delarue

Depuis le 1er janvier, l’homéopathie n’est plus remboursée par l’Assurance maladie. Le taux de prise en charge des petits granules avait déjà baissé de 30 à 15 % début 2020. Ces mesures font suite à une décision des autorités sanitaires qui avaient conclu, dès juillet 2019, à l’insuffisance d’efficacité de ces traitements.

Ceux qui souhaitent se soigner grâce à l’homéopathie vont devoir désormais la payer de leur poche. Depuis le début de l’année, ces granules ne sont plus du tout pris en charge par l’Assurance maladie.

Le déremboursement avait déjà commencé de façon progressive début 2020 avec une baisse de la prise en charge de 30 à 15 %. Il s’agissait alors de permettre aux industriels de s’organiser et aux patients de se faire à l’idée que l’homéopathie deviendrait bientôt un produit non pris en charge par la solidarité nationale.

La raison du déremboursement total ? Fin juillet 2019, la Sécurité sociale s’était rangée derrière l’avis de la Haute autorité de santé (HAS) qui avait conclu à l’absence avérée d’efficacité de ces produits.

Près de 1 000 études analysées

Pour parvenir à cet avis, la HAS a analysé près de 1 000 études scientifiques rappelle RMC. Toutes arrivaient à la même constatation : l’homéopathie n’est pas plus efficace qu’un placebo. Et ceci qu’il s’agisse de traiter l’asthme, les otites, l’arthrite, les migraines, les allergies ou encore l’hypertension.

À l’époque, c’est une pétition de médecins opposés aux médecines alternatives, parue dans Le Figaro en mars 2018, qui avait relancé la polémique sur l’efficacité des granules homéopathiques et conduit la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à saisir la HAS sur ces questions.

Malgré tout, l’homéopathie reste très appréciée des Français. Dans un sondage Ipsos publié par Le Parisien en novembre 2018, 74 % d’entre eux la jugeaient efficace et affirmaient être opposés à son déremboursement. 

Des produits encore largement prescrits

Toujours selon RMC, 20 000 médecins prescrivent de l’homéopathie en complément d’autres traitements et 5 000 d’entre eux exercent même cette discipline à titre principal. Des diplômes d’homéopathie sont encore délivrés dans les facultés de médecine et de pharmacie, mais ils disparaissent peu à peu suite à l’avis de la HAS.

Pour les acteurs du marché, le déremboursement s’apparente à un « rude coup de massue pour cette médecine dite douce », explique de son côté Libération. Chez Boiron, le plus gros producteur français (voire mondial), l’activité en France est en recul de 17,1 % en 2020 (-11,7 % en 2019). Un plan social devant aboutir à la suppression de 500 postes a d’ailleurs été annoncé.

Toutefois, que les adeptes se rassurent : l’homéopathie reste vendue en pharmacie, disponible avec ou sans ordonnance. Elle conserve son statut de médicament et ses différents traitements restent soumis à une autorisation de mise sur le marché. La dérembourser ne signifie pas qu’elle est inutile mais que son efficacité n’a pas pu être prouvée scientifiquement.

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