Hépatite aiguë sévère : une maladie sous surveillance

, par  Léa Vandeputte

Face à plusieurs cas d’hépatite d’origine inconnue chez des enfants au Royaume-Uni, l’Organisation mondiale de la santé coordonne les recherches sur les causes de cette pathologie.

Depuis le début du mois d’avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a comptabilisé plusieurs cas d’hépatite aiguë sévère chez des enfants de moins de 10 ans. Les différents virus de l’hépatite (A, B, C, E et D) ont été exclus après des tests de laboratoire et des investigations sont en cours pour déterminer l’étiologie —c’est-à-dire, les causes de la maladie — de ces cas. « Compte tenu de l’augmentation du nombre de cas signalés au cours du dernier mois et du renforcement des activités de recherche de cas, il est probable que d’autres cas seront signalés dans les jours à venir », estime l’OMS dans son communiqué (en anglais).

Des symptômes variés

Dans le détail, 10 cas ont été signalés le 5 avril dans le centre de l’Écosse chez des enfants de 11 mois à 5 ans, jusqu’alors en bonne santé. Le 8 avril, des investigations complémentaires ont permis de détecter 74 cas de plus chez les moins de 10 ans, au sein du Royaume-Uni. La grande majorité des enfants a ressenti des symptômes tels que diarrhées, vomissements et douleurs abdominales, qui ont conduit à leur hospitalisation. En plus des symptômes gastro-intestinaux, les soignants ont constaté une élévation des enzymes hépatique, souvent accompagnée d’ictère (jaunisse), chez les jeunes patients. Six d’entre eux ont même dû subir une transplantation hépatique.

Un lien avec les adénovirus ?

Les tests réalisés en laboratoire ont permis d’exclure les différents virus habituellement responsables de l’hépatite (A, B, C, E et D). Mais, chez plusieurs patients c’est le virus de la Covid-19 ou un adénovirus qui ont été détectés. « Le Royaume-Uni a récemment observé une augmentation de l’activité des adénovirus, qui co-circulent avec le SRAS-CoV-2, bien que le rôle de ces virus dans la pathogenèse (mécanisme par lequel la maladie se développe) ne soit pas encore clair », explique l’OMS. Pour l’heure aucun autre facteur de risque épidémiologique (comme des voyages internationaux) n’a été identifié. Les recherches se poursuivent donc pour trouver d’éventuelles infections, produits chimiques ou encore toxines qui pourraient être responsables de ces cas.

Pas de restrictions sur les voyages

De son côté, l’OMS « suit de près la situation » et a coordonné la recherche de nouveaux cas et des causes de la maladie. Elle a également prodigué des conseils aux experts du Royaume-Uni pour qu’ils réalisent une enquête approfondie. Des investigations sont par ailleurs aussi en cours en Irlande et en Espagne. Pour l’instant et « sur la base des informations actuellement disponibles », l’organisation « ne recommande aucune restriction aux voyages et/ou aux échanges avec le Royaume-Uni, ou tout autre pays où des cas sont identifiés ».

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