Grossesse : le suivi cardiovasculaire des femmes est indispensable

, par  Léa Vandeputte

Le fonds de dotation Agir pour le cœur des femmes insiste sur l’importance du suivi cardiovasculaire pendant la grossesse. Une maladie cardiaque non prise en charge multiplie grandement le risque de mortalité maternelle et de complications pour le bébé.

À l’occasion de la Journée mondiale du cœur qui se déroule le 29 septembre, le fonds de dotation Agir pour le cœur des femmes alerte sur le manque de prise en compte du suivi cardiovasculaire chez les femmes enceintes et chez celles qui ont un projet de grossesse. « Les femmes porteuses d’une maladie cardiaque ont un risque multiplié par 15 de complications pour leur bébé et par 100 de mortalité pour elles-mêmes, si elles ne sont pas correctement prises en charge », rappelle-t-il dans un communiqué.

Le cœur et les artères plus sollicités

La grossesse entraîne en effet une augmentation de l’activité cardiaque. « On estime que l’adaptation cardiaque à la grossesse est proche de celle des sportifs de haut niveau d’endurance, affirme le docteur Marjorie Richardson, cardiologue au CHU de Lille. Très tôt au cours de la grossesse, la taille des cavités cardiaques augmente, les vaisseaux se dilatent, le cœur bat plus vite, pour assurer le débit sanguin croissant vers le placenta et le bébé. L’accouchement représente également un travail cardiaque supplémentaire en raison des contractions et des efforts d’expulsion, de la douleur, des saignements et de l’anesthésie. » Ce travail peut « venir aggraver une maladie cardiaque ou artérielle, jusqu’alors compensée, parfois même la révéler », estime le fonds de dotation, qui ajoute : « De plus, dans certains cas, le placenta, véritable organe nourricier, ne se développe pas correctement, ne permettant pas alors la croissance correcte du bébé avec aussi des conséquences parfois graves sur la santé de la mère. »

Dépister et anticiper

« Les maladies cardio-vasculaires représentent la première cause de mortalité maternelle dans la plupart des pays occidentaux, rappelle le professeur Claire Mounier-Véhier, cardiologue au CHU de Lille et cofondatrice d’Agir pour le cœur des femmes. En France, les résultats de l’enquête des causes de mortalité maternelle montrent que les hémorragies sont la première cause directe de mortalité tandis que les maladies cardio-vasculaires en sont la première cause indirecte. On estime à 150 000 le nombre de femmes porteuses d’une maladie cardiaque en âge de procréer en France. » Même si la grossesse va se dérouler normalement dans la grande majorité des cas, un accompagnement reste indispensable pour ces femmes. « Une contraception est conseillée en attendant le feu vert de l’équipe d’experts cardio-obstétricale afin de programmer la grossesse dans une situation clinique préparée et optimale pour la mère et l’enfant », considère ainsi le professeur Geneviève Plu-Bureau, responsable de l’unité de gynécologie médicale de l’hôpital Port-Royal à Paris.

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