Grève : les sages-femmes en manque de reconnaissance

, par  Aude Malaret

En grève illimitée depuis le 16 octobre, les sages-femmes demandent un changement de statut qui leur permettrait d’être mieux rémunérées. Derrière ces revendications, c’est un profond malaise qui traverse une profession en manque de reconnaissance.

« Nous vous aidons à naître, aidez-nous à nous faire reconnaître. » « Cigognes oui, pigeons non ! » Jeudi 7 novembre, les sages-femmes, en grève depuis trois semaines, déploieront à nouveau leurs banderoles et prendront le chemin de la rue. Le cortège parisien, qui s’achèvera devant le ministère de la Santé, veut interpeller Marisol Touraine sur les conditions salariales des blouses roses. Un cahier de doléances sera remis à la ministre. Déjà reçus le premier jour de la grève, le 16 octobre, les syndicats s’étaient inquiétés que le projet de loi de santé 2014 ne mentionne pas les sages-femmes. S’ils ont obtenu l’assurance qu’ils participeraient au futur projet de loi et qu’une réflexion sur la question de la périnatalité serait engagée, leur ministre de tutelle est restée muette sur toute modification statutaire.

Un salaire de 1 500 euros en début de carrière

Assimilées aux professions paramédicales, les sages-femmes demandent à accéder au même statut que les autres professions médicales exerçant à l’hôpital, médecins, chirurgiens, dentistes..., avec qui ils et elles partagent l’obtention de la première année commune aux études de santé (Paces). Cette évolution permettrait d’obtenir une revalorisation de leur salaire et irait dans le sens d’une meilleure reconnaissance de ces praticiens formés à bac + 5, mais considérés comme des bac + 3 et payés comme des bac + 2 et demie. Selon les chiffres du ministère de la Santé, le salaire mensuel brut d’une sage-femme hospitalière s’élève à 1 980 euros en début de carrière et le salaire moyen en libéral est lui de 2 426 euros, soit un peu plus de 29 000 euros par an.

Mieux faire connaître leur travail

Avant tout, c’est surtout plus de considération que réclament les sages-femmes. Si ces professionnels veulent être reconnus comme praticiens de premier recours dans le parcours des femmes, qu’elles soient enceintes ou non, leur mouvement est aussi l’occasion d’informer sur leur rôle. Peu de personnes savent en effet que les sages-femmes peuvent être consultées pour un suivi de grossesse, des séances de préparation à la naissance, une rééducation périnéale ou encore pour un suivi gynécologique classique : prescription de pilule, frottis ou pose d’un stérilet. Elles effectuent aussi les sutures des épisiotomies et des déchirures périnéales, la surveillance des mères et des enfants après l’accouchement et des consultations d’allaitement. Lors des grossesses sans complications, les sages-femmes effectuent l’ensemble des actes médicaux nécessaires.

Une mobilisation suivie et soutenue

Aujourd’hui, plus de 90 % des maternités et lieux de naissance publics et privés sont mobilisés, selon un communiqué de l’Organisation nationale des syndicats de sages-femmes (ONSSF). Partie de la région parisienne, la mobilisation, très suivie, a reçu le soutien « sans réserve » des chefs de service des maternités de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) le 6 novembre. Même en grève, les sages-femmes restent présentes et assurent leur service dans les salles de naissance, tout en portant un brassard ou un autocollant qui signale leur participation. Seuls les suivis de grossesse ne sont plus effectués.

Sources
- « Grève des sages-femmes, qui veulent être reconnues "praticiens hospitaliers" », Lexpress.fr, 25 octobre 2013.
- « Les sages-femmes en quête de reconnaissance », Lefigaro.fr, 29 octobre 2013.
- « Grève des sages-femmes : avis de tempête dans les maternités », Pourquoi-docteur.nouvelobs.com, 11 octobre 2013.
- « Grève des sages-femmes : "Cigognes oui, pigeons non !" », Lejdd.fr, 26 octobre 2013.
- « Les confessions d’une sage-femme (en grève !) », Grazia.fr, 29 octobre 2013.

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