Grève des urgentistes contre la mauvaise gestion des lits

, par  Enrique Moreira

Répondant à l’appel de leurs syndicats, les médecins urgentistes sont en grève, depuis le 15 octobre, pour lutter contre la mauvaise gestion des lits d’hôpitaux. Ils ne veulent plus avoir à chercher eux-mêmes des places pour les patients. Une tâche qui se révèle difficile et qui occupe jusqu’à 30 % de leur temps.

Que celui qui n’a jamais raillé la lenteur des urgences leur jette la première pierre. Mais cette fois, c’en est trop pour les praticiens. Mardi 15 octobre, Association des médecins urgentistes de France (Amuf) et Samu-Urgences de France, des syndicats, ont appelé leurs collègues à la grève. Rassurez-vous, il n’est pas question de fermer les services. Ils demandent simplement aux urgentistes de déléguer, à la direction de l’hôpital ou à des personnes désignées, le soin de trouver aux patients des lits après leur passage aux urgences.

Jusqu’à 30 % du temps de travail

A ce jour, lorsqu’un patient doit entrer dans un autre service après son passage aux urgences, c’est généralement le médecin s’étant occupé de lui qui se charge d’essayer de lui trouver un lit. Une tâche compliquée, qui nécessite souvent de passer de nombreux coups de téléphone pendant plusieurs heures. Selon les syndicats, cela peut occuper jusqu’à 30 % du temps de l’urgentiste. Pas étonnant qu’ensuite les urgences soient engorgées. Pour dénoncer cette situation, les représentants du personnel leur demandent donc de ne plus accumuler les appels et de se concentrer sur les soins. Si dès le premier coup de fil il n’y a pas de solution qui se dégage, les médecins sont invités à renvoyer le travail de recherche vers l’administration de l’hôpital.

Des services spécialisés

Il sera probablement difficile d’évaluer combien de médecins respecteront ces consignes, et donc l’impact véritable qu’aura la grève. Mais les syndicats ont d’ores et déjà réussi à attirer l’attention sur la question de la gestion des lits d’hôpitaux. Un problème bien connu au ministère de la Santé : un rapport sur le sujet avait été remis en septembre dernier à Marisol Touraine, qui avait alors annoncé le développement d’un projet, concernant 162 établissements et permettant le déploiement sur trois ans de services chargés exclusivement de gérer les lits. Là encore, les syndicats estiment que ce n’est pas suffisant. Les urgences sont ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, il faut donc que ce nouveau service spécialisé soit capable de gérer un flux permanent et qu’il ne fonctionne pas qu’aux heures de bureau, comme cela est proposé actuellement.

Sources
- « Samu-Urgences de France confirme le mouvement qui sera engagé le 15 octobre 2013 », communiqué de presse du syndicat (6 octobre 2013) publié sur son site Samu-de-france.fr

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