Le gouvernement se donne trois mois pour transformer le système de santé

, par  Léa Vandeputte

Le Premier ministre et la ministre de la Santé ont présenté leur stratégie pour moderniser l’offre de soins en France. S’ouvre ainsi une période de concertation de trois mois autour de cinq thématiques prioritaires.

Mardi 13 février, lors d’un déplacement à l’hôpital d’Eaubonne, dans le Val-d’Oise, Edouard Philippe, Premier ministre, et Agnès Buzyn, ministre de la Santé, ont présenté leur stratégie pour réformer le système de santé. Le gouvernement se donne trois mois pour réfléchir et élaborer la réforme. « C’est le système de santé dans son entier qui doit être interrogé pour faire face aux défis d’aujourd’hui et préparer le système de santé de demain », indiquent les deux ministres dans un communiqué commun.

Pallier les faiblesses

Agnès Buzyn a dressé un état des lieux. Après avoir rappelé les difficultés que connaissent les hôpitaux et leur personnel, elle a pointé les quatre faiblesses du système français : « un trop faible investissement dans la prévention, qui se traduit par une mortalité prématurée évitable trop élevée et une espérance de vie en bonne santé insuffisante ; le cloisonnement entre la ville, l’hôpital et le médico-social, rendant les parcours des patients encore plus complexes ; la dispersion des ressources qui conduit à un éparpillement des compétences et des investissements ; le déséquilibre structurel de notre système, marqué par trop d’hospitalisations, mais aussi par des soins de ville encore insuffisamment structurés pour répondre à toutes les demandes de santé sur le territoire ».

Cinq grands chantiers

Face à ce constat, et pour mener à bien la transformation, cinq chantiers ont été définis. Le premier consiste à « inscrire la qualité et la pertinence des soins au cœur des organisations et des pratiques ». Axé sur la satisfaction des patients, il vise également à « proposer la bonne intervention (le bon acte), au bon endroit, au bon moment et par le bon praticien ». Le deuxième axe de réflexion s’intéresse aux modes de rémunération, de financement et de régulation. La tarification à l’activité sera au centre des débats. Le troisième chantier sera celui du virage numérique. Parmi les pistes envisagées : le développement de la télémédecine, l’accessibilité des données médicales et la dématérialisation des prescriptions. La formation et les ressources humaines constituent le quatrième point. Le numerus clausus et la première année des études de santé seront réformés et un Observatoire national de qualité de vie au travail des professionnels de santé sera créé. Dernier chantier, et pas des moindres, l’organisation territoriale des soins sera abordée sous l’angle de la coordination entre les soins de ville et l’hôpital.

Une concertation avec les citoyens et les professionnels

La concertation à laquelle « les patients et les professionnels devront être pleinement associés » se déroulera durant trois mois, de mars à mai 2018. Au niveau local, des groupes seront chargés de recueillir l’avis des acteurs de terrain, et les instances nationales représentatives seront sollicitées par le ministère de la Santé. Par ailleurs, « chaque citoyen pourra contribuer via une consultation numérique », annoncent le Premier ministre et la ministre de la Santé. La feuille de route détaillée sera ensuite présentée « avant l’été ». Le gouvernement compte allouer 100 millions d’euros annuels pour accompagner ces transformations, hors objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam).

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