François Hollande dénonce dans un éditorial le coût prohibitif de certains médicaments

, par  Isabelle Coston

Le président de la République française, François Hollande, a signé le 2 mai un éditorial publié dans « The Lancet », revue médicale britannique de référence. Dans ce texte, consultable sur le site de l’Elysée, il dénonce notamment la hausse démesurée du prix de certains traitements.

C’est exceptionnel : le chef de l’Etat français, François Hollande, s’est fait éditorialiste d’une revue… britannique. Le 2 mai dernier, dans un numéro spécial consacré à la position de la France dans le monde du très sérieux The Lancet, hebdomadaire scientifique médical de renom, il évoque « le devoir de garantir à tous un droit universel à la santé ». S’il a pris la plume, c’est en effet pour s’insurger contre le prix trop élevé de certains traitements, comme ceux contre l’hépatite C ou le cancer, et pour plaider pour une régulation du marché du médicament. Il y annonce la volonté de la France de « lutter contre le prix prohibitif de certains nouveaux médicaments tout en favorisant l’innovation » et s’engage au nom du pays à « mobiliser le G7* » afin d’« amorcer un dialogue et une coordination entre autorités de régulation, industrie pharmaceutique et patients ». Ce plaidoyer fait écho, notamment, à la récente pétition de 110 cancérologues contre l’explosion des prix de nouvelles molécules utilisées dans le traitement des cancers.

Urgence sanitaire

De manière plus globale, le président tire la sonnette d’alarme : sans réelle volonté politique commune à l’échelon mondial, l’équilibre des systèmes de santé, même ceux des pays riches, est menacé. « Les épidémies dues aux virus Ebola et Zika montrent l’ampleur et l’acuité des défis, écrit-il. Les interdépendances à l’échelle du monde amplifient l’imprévisibilité et la volatilité de la menace, tandis que ces épidémies accentuent la pauvreté et les inégalités. » Il rappelle aussi que, faute d’accès aux traitements dans les pays pauvres, des milliers d’enfants meurent encore tous les jours de maladies, comme la rougeole ou la tuberculose, qui pourraient être complètement éradiquées si tous les moyens étaient mis en œuvre.

La France aux avant-postes

François Hollande en appelle donc à la responsabilité des dirigeants des pays riches, soulignant les sommes engagées par la France (plus d’un milliard d’euros) pour aider les Etats les plus démunis en matière de santé, qui ne peuvent offrir à leurs populations les médicaments de première nécessité. Pour coordonner la régulation des prix en concertation avec les grands laboratoires pharmaceutiques et, plus généralement, pour améliorer la sécurité sanitaire par un renforcement des moyens déployés, il propose « la création d’une plateforme de préparation et de réponse aux urgences sanitaires mondiales, dont le bureau de l’OMS de Lyon pourrait être le pivot ». Cela permettrait de « mettre en œuvre un règlement sanitaire international avec une gouvernance mondiale forte et transparente », seule façon d’enrayer efficacement les futures crises sanitaires en améliorant la prévention et l’accès aux traitements pour tous.

* Le prochain sommet du G7, regroupant les chefs d’Etat ou de gouvernement des sept pays les plus puissants (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada) aura lieu au Japon les 26 et 27 juin prochain.

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