Les Français de plus en plus adeptes du tourisme médical

, par  Enrique Moreira

En 2012, l’Assurance maladie a remboursé 84 millions d’euros pour des soins effectués à l’étranger. Un chiffre qui augmente au fil des années. Certains médecins, et particulièrement les dentistes, s’inquiètent de cette pratique de plus en plus répandue, mais qui selon eux n’est pas sans risque.

Eviter les dépassements d’honoraires, les délais d’attente interminables pour avoir une consultation chez un spécialiste, les déremboursements de plus en plus fréquents de la Sécurité sociale..., telles sont les raisons évoquées qui amènent de plus en plus de Français à se faire soigner à l’étranger. C’est ce que l’on appelle du tourisme médical, et rien ne l’interdit. En revanche, de nombreux professionnels de santé le déconseillent vivement, la qualité des soins n’étant pas forcément la même.

Surtout pour les soins dentaires

Selon le rapport annuel du Centre national des soins à l’étranger (CNSE), l’Assurance maladie aurait déboursé 84 millions d’euros dans le cadre de prestations effectuées en dehors du territoire français en 2012, soit 26 % de plus que l’année précédente. Un peu plus de la moitié (55,3 %) de ces soins représentent 68,1 % des 84 millions d’euros dépensés et ont été pratiqués au sein de l’Union européenne (UE), les destinations phares étant la Belgique, l’Espagne et, enfin, la Roumanie. Hors UE, c’est surtout au Maroc (19,2 %) et en Tunisie (17,4 %) que les Français se rendent. Les plus recherchés sont les soins dentaires, avec 11,2 millions d’euros dépensés, et pour cela les touristes médicaux vont généralement en Hongrie, au Portugal ou encore en Espagne. Il faut dire que la pose d’un implant peut être jusqu’à 50 % moins chère.

Des professionnels inquiets

Mais ces traitements à bas coût n’ont pas que des avantages. Enfin, si l’on en croit les professionnels de santé, notamment les dentistes, qui s’inquiètent de voir ainsi partir leur clientèle. Certains expliquent que « les patients reçoivent par exemple des implants dont ils ne connaissent pas la marque ». Or, après le retour en France, le chirurgien habituel ne pourra pas intervenir, en cas de besoin, s’il ne connaît pas la référence de la couronne utilisée. Plus simplement, et cela se comprend, il est quasi impossible de faire tous les soins lors d’un court séjour à l’étranger : cela nécessite souvent plusieurs semaines. D’ailleurs, les professionnels de santé peuvent refuser d’intervenir sur un soin reçu à l’étranger.

Quelle prise en charge ?

La prise en charge varie en fonction du lieu où les soins ont été pratiqués, s’il s’agit d’un pays de l’Union européenne ou non. Si le traitement a été effectué dans un pays membre de l’UE, l’assuré est pris en charge, à partir du moment où il est affilié au régime de sécurité sociale français, sur la base des tarifs applicables en France et dans les mêmes conditions. Dans le cas où cela a été réalisé hors UE, le remboursement n’est pas obligatoire. Il dépendra de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Celle-ci « vérifiera en particulier que les conditions prévues par la réglementation française en matière de remboursement sont satisfaites ». Dans les deux cas, bien entendu, il faut faire l’avance des frais et présenter la facture à la CPAM. Attention toutefois, en cas de soins hors UE, si la CPAM refuse de les couvrir, aucun recours n’est possible.
Du côté des mutuelles, « en générale, elles alignent leur prise en charge sur celle de l’Assurance maladie », explique le Figaro. Rappelons que, si vous souhaitez vous faire soigner à l’étranger, contactez avant de partir votre organisme de complémentaire santé pour vous assurer de votre couverture.

Source
- « Remboursement de soins médicaux à l’étranger », Ameli.fr, article mis à jour le 27 juillet 2010.

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