Les Français ne bougent pas assez

, par  Isabelle Coston

Selon une enquête menée par Santé publique France, la sédentarité et l’inactivité physique augmentent dans le pays.

Alors que tous les messages de prévention soulignent l’importance de l’activité physique pour préserver sa santé, les derniers résultats de l’enquête Esteban-*, publiés le 26 septembre par Santé publique France-, révèlent que les Français font la sourde oreille. L’agence sanitaire explique en effet dans son communiqué que « l’inactivité physique et la sédentarité gagnent du terrain dans la population française » et s’inquiète d’autant plus de cette tendance que « l’inactivité physique a été identifiée en 2009 comme le quatrième facteur de risque des maladies non transmissibles, impliquées dans plus de 3 millions de morts évitables ».

Les femmes de moins en moins actives

En 2015, 61 % des adultes âgés de 18 à 74 ans avaient un niveau d’activité physique conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir pratiquer cent cinquante minutes d’activité modérée ou soixante-quinze minutes d’activité intense par semaine . Mais si les hommes restent relativement « dans les clous », avec une proportion de sujets physiquement actifs en augmentation de 10 % (notamment chez les 40-54 ans) en France, les autorités sanitaires pointent en revanche chez plus d’une Française sur cinq une tendance à cumuler sédentarité élevée et inactivité physique. En matière d’activité physique (qui englobe « tous les mouvements du corps produits par la contraction des muscles et qui entraînent une dépense d’énergie supérieure à celle du repos »), seulement 53 % des femmes atteignent les recommandations de l’OMS en 2015, contre 70 % des hommes, déplore Santé publique France, et cela quels que soient leur âge et leur niveau de diplôme. « En dix ans, la proportion de femmes physiquement actives a baissé de 16 %, constate l’agence, une baisse particulièrement prononcée chez les femmes de 40-54 ans (- 22 %). »

L’usage abusif des écrans facteur de sédentarité

L’étude fait également un parallèle entre l’augmentation de l’inactivité et de la sédentarité (deux facteurs de risques distincts de maladies comme le diabète ou les pathologies cardiovasculaires) et la forte hausse, au cours des dix dernières années, de la durée quotidienne moyenne passée devant un écran. « Alors qu’en 2006, 53 % des adultes déclaraient passer trois heures ou plus devant un écran chaque jour en dehors de toute activité professionnelle, ils étaient 80 % en 2015. » Une évolution, selon les auteurs, « due à un usage accru des ordinateurs, tablettes, smartphones et consoles de jeux (utilisation quotidienne multipliée par 2,3 chez les hommes et 3,6 chez les femmes), et dans une moindre mesure par une augmentation du temps passé devant la télévision ». Les enfants ne sont pas en reste et suivent aussi cette tendance à la sédentarisation.
Pour inciter les Français à bouger plus, Santé publique France a développé de nouveaux outils sur le site Mangerbouger.fr (rubrique « bouger plus »)-.

* Etude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition, réalisée entre avril 2014 et mars 2016, en France métropolitaine, sur un échantillon national représentatif de 2 678 adultes et de 1 182 enfants âgés de 6 à 17 ans.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Voyage au cœur des poumons

Jamais la respiration, cette fonction si naturelle, n’avait fait autant parler d’elle en ces temps de masques et de Covid-19. Avec ce virus qui les affecte directement, nos organes respiratoires sont mis sur le devant de la scène médicale. Profitons-en pour explorer nos si précieux poumons.
Les (...)

Maladie chronique : comment « gérer » les douleurs ?

Être atteint d’une maladie chronique est déjà une lourde épreuve. Malheureusement, aux complications et aux difficultés quotidiennes engendrées par la maladie s’ajoutent très souvent des douleurs. Ces dernières, qui évoluent au fil des années en même temps que la pathologie, peuvent devenir de plus en (...)

Le foie, l’allié de notre santé

Alors qu’on le considère moins que le cœur ou les poumons, le foie, véritable dépollueur de notre organisme, est impliqué dans plus de 300 fonctions essentielles à notre vie.

Epigénétique : comment l’environnement influence nos gènes

Selon des études récentes, l’air que nous respirons, ce que nous mangeons, notre activité physique ou l’exposition au stress auraient un impact direct sur le fonctionnement de nos cellules. En laissant des traces sur notre ADN, notre environnement pourrait favoriser le développement de maladies. (...)