Les Français insuffisamment formés à l’utilisation des défibrillateurs cardiaques

, par  Delphine Delarue

Malgré le déploiement des défibrillateurs automatiques externes dans les espaces publics, le taux de survie après un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital est encore extrêmement faible. En cause : le manque de formation de la population à ces appareils, et leur inégale répartition sur le territoire.

Le déploiement de défibrillateurs automatiques externes (DAE), ces appareils qui délivrent un choc électrique capable de faire "repartir" le cœur en cas d’arrêt, ne parviendrait malheureusement pas à réduire la mortalité par crise cardiaque. C’est ce qu’affirme une étude française présentée le 28 août, à Rome, lors du congrès de la Société européenne de cardiologie. Actuellement en France, seulement 5 % des personnes victimes d’un arrêt cardiaque survivent, et plus de 50 000 personnes en meurent chaque année faute d’intervention précoce. « Le taux de survie suite à un arrêt cardiaque inopiné intervenant en dehors de l’hôpital reste extrêmement faible », regrette le docteur Nicolas Karam, cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou (Paris) et auteur de l’étude. Pourtant, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’installation de DAE dans l’Hexagone devrait permettre de sauver des milliers de vies. Le problème, souligne l’étude, c’est que ces appareils sont inégalement répartis sur le territoire et que la population n’est pas suffisamment formée à leur utilisation, malgré la mise en place de programmes spécifiques d’éducation aux gestes qui sauvent. Selon les zones étudiées par cette enquête, la proportion de personnes formées fluctue de 6 955 à 36 636 pour 100 000 habitants. Quant à l’équipement en DAE, il varie de 5 à 3 399 pour 100 000 habitants. « Ces divergences sont bien au-delà de ce à quoi nous nous attendions », reconnaît le docteur Karam.

Absence de stratégie de développement globale

Seulement un tiers des zones étudiées auraient développé des programmes complets, comprenant à la fois l’installation d’un défibrillateur et l’éducation de la population à son utilisation. Quant aux zones restantes, elles ne se seraient pas suffisamment investies dans ces initiatives, ce qui révèle, toujours selon l’étude, « l’absence de stratégie de développement globale » pour l’équipement des territoires et la formation des populations. L’étude précise que les régions les mieux équipées en défibrillateurs présentent les meilleurs taux de survie suite à un arrêt cardiaque en dehors de l’hôpital et que, sans surprise, ces taux augmentent encore nettement lorsque la population est formée. Cela met en évidence « que le déploiement de DAE est insuffisant s’il n’est pas combiné avec l’éducation de la population », conclut le docteur Karam.

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