Que savent les Français sur l’AVC ?

, par  Isabelle Coston

En France, une personne sur cinq ignore qu’un accident vasculaire cérébral (AVC) peut survenir à tout âge, et une sur deux ne sait pas qu’il existe des traitements efficaces.

Selon les données du Baromètre de Santé publique France 2019, les connaissances des Français concernant l’AVC se sont améliorées, même s’il reste encore une bonne marge de progression en matière d’information du grand public. C’est en effet ce que relève le dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire publié le mardi 27 octobre.
L’article fait notamment le bilan de ce que savent réellement les Français sur l’AVC et ses symptômes en 2019, car de ces connaissances dépendront les futures campagnes de prévention.

Redouté mais encore mal connu

Lors de cette étude menée par Santé publique France en 2019, 53 % des personnes interrogées déclaraient craindre l’AVC, en particulier les femmes (58 %). Dans le même temps, plus de 40 % d’entre elles pensaient que « l’AVC affectait uniquement le cœur, ou à la fois le cœur et le cerveau, une sur cinq ne savait pas [qu’il] pouvait survenir à tout âge, et une personne sur deux ignorait qu’il existait des traitements efficaces », précise l’institution.

Des symptômes mieux identifiés

Or, savoir repérer les symptômes d’un AVC est primordial pour la prévention. Une intervention rapide des secours et la mise en place précoce d’un traitement peut en effet permettre d’éviter des séquelles lourdes, voir le décès du patient. Santé Publique France note, heureusement, une nette amélioration des connaissances depuis la dernière étude datant de 2013. 94 % des participants à l’enquête ont évoqué « des difficultés à parler », le symptôme le mieux connu. « La paralysie d’un bras ou d’une jambe » et « une déformation de la bouche » étaient respectivement reconnus par plus de 90 % des Français sondés.

Cibler davantage les futures campagnes de sensibilisation

« Enfin, 83 % de la population donnait ces trois symptômes simultanément, montrant une bonne connaissance des symptômes de l’AVC », précise Santé publique France, avant d’ajouter que : « La méconnaissance des symptômes était, toutes choses égales par ailleurs, plus élevée chez les hommes, les moins de 45 ans et les plus de 65 ans, les personnes ayant un niveau d’éducation inférieur au Bac, celles n’ayant pas eu d’antécédent d’AVC ainsi que les fumeurs. » Ce bon niveau d’information des Français concernant les symptômes de l’AVC ne doit toutefois pas masquer « le manque important de connaissance sur ce qu’est un AVC et sur l’existence de traitements efficaces », souligne l’autorité sanitaire. « Pour améliorer la prise en charge et diminuer le fardeau lié à cette pathologie », elle recommande donc que les prochaines campagnes d’information insistent sur l’efficacité des traitements d’urgence lorsqu’ils sont donnés le plus tôt possible. Elle préconise également de faire des personnes avec un niveau d’éducation plus faible et des personnes jeunes « des cibles privilégiées des campagnes de prévention à venir ».

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