Des forfaits de consultations psy remboursés en 2022

, par  Isabelle Coston

Les consultations chez un psychologue seront remboursées à partir de l’année prochaine, dès lors qu’elles auront été prescrites par un médecin, a annoncé Emmanuel Macron.

Le président de la République a clôturé les Assises de la santé mentale, qui se sont déroulées les 27 et 28 septembre 2021 au ministère de la Santé, à Paris, par un discours prononcé depuis l’Élysée. Il y a annoncé, notamment, une prise en charge par l’Assurance maladie et les complémentaires santé d’un forfait de dix consultations chez un psychologue pour tous les Français, à partir de l’âge de trois ans. Cette mesure, qui sera effective dès janvier 2022, a pour objectif non seulement d’apporter une réponse à la dégradation de la santé mentale constatée chez un grand nombre de nos compatriotes durant la crise sanitaire et les confinements successifs, mais aussi de « renforcer le continuum ville-hôpital » et de « mieux articuler le travail des psychologues avec celui des psychiatres », a expliqué le chef de l’État.

La pandémie, un révélateur des problèmes de santé mentale

Le remboursement de consultations psy est déjà effectué à titre expérimental, depuis 2018, dans quatre départements (Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Morbihan, Landes). À la suite de cette expérimentation, la pérennisation et la mise à disposition de ce dispositif sur tout le territoire ont été décidées, d’autant plus que « la pandémie a révélé l’importance du sujet de la santé mentale », a souligné Emmanuel Macron. La santé psychique des Français semble en effet s’être fortement dégradée tout au long de la crise sanitaire. Selon une enquête Coviprev réalisée par Santé publique France entre le 31 août et le 7 septembre 2021, 63 % des sondés déclarent toujours des problèmes de sommeil malgré la fin des confinements, soit 14 points de plus qu’avant la crise. Parmi les personnes interrogées, 23 % disent montrer des signes d’un état anxieux (10 points de plus). Plus grave encore, 10 % d’entre elles avouent avoir eu des pensées suicidaires au fil de l’année passée, soit deux fois plus de personnes.

Des consultations prises en charge à 100 % qui ne font pas l’unanimité

Le forfait consistera en une première consultation plafonnée à 40 euros, suivie de séances à 30 euros. Il comprendra au total dix consultations et pourra être renouvelé une fois. Il n’y aura aucun reste à charge pour l’assuré. Les complémentaires santé participeront au financement, à un niveau qui n’est pas encore fixé. Conditionner le remboursement du forfait à la présentation d’une ordonnance du médecin agace les psychologues, mais ce n’est pas le seul point de mécontentement : ils désapprouvent aussi les tarifs, trop bas selon eux.

Favoriser l’accès au soin pour tous

Le président balaye d’avance les protestations, arguant du fait que ceux qui facturent déjà plus cher pourront continuer à travailler comme avant, mais que d’autres vont profiter de la mesure : les psychologues qui peinent à vivre de leur métier et les patients démunis. Cette mesure, qui ne figure pas dans l’avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022, va y être ajoutée. Elle est chiffrée à 50 millions d’euros pour 2022, puis à 100 millions en 2023. Plus globalement, la nouvelle feuille de route sur la santé mentale est dotée de 1,9 milliard sur cinq ans. Elle comprend, entre autres mesures, la création de 800 postes dans les centres médico-psychologiques à partir de l’année prochaine afin de réduire au maximum les délais d’attente, la constitution de 20 équipes mobiles pour la prise en charge des personnes âgées en Ehpad et dans les structures médico-sociales, la mise en place d’une maison des adolescents dans chaque département et 100 nouvelles places en accueil familial thérapeutique sur deux ans. Le président a également promis une enveloppe de 80 millions d’euros « dédiée à la santé mentale » dans le cadre du quatrième programme d’investissements d’avenir, afin d’encourager les innovations, notamment en neurosciences, en intelligence artificielle ou dans les dispositifs médicaux.

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