Financement de la Sécurité sociale : qui va participer aux 3,2 milliards d’économies ?

, par  Vanessa Pageot-Françoise

C’est le leitmotiv des politiques face au déficit de la Sécu : faire des économies. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) de 2015-2017, présenté ce lundi 29 septembre par Marisol Touraine, ministre de la Santé, ne déroge pas à la règle. En ligne de mire : la baisse du prix des médicaments, l’optimisation des dépenses des hôpitaux et la maîtrise des prescriptions médicamenteuses par les professionnels de santé.

Pour réaliser 3,2 milliards d’euros d’économies sur la branche maladie de la Sécurité sociale, il n’y a ni miracles ni formules magiques. Le maître mot du ministère de la Santé est « optimisation ».
Optimisation des prescriptions médicamenteuses, d’abord. Ici, ce sont les professionnels de santé qui sont visés. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) de 2015-2017 les appelle à maîtriser le volume et la prescription des médicaments afin de prévenir les « interactions indésirables […], qui peuvent entraîner des hospitalisations évitables », avec 1,15 milliard d’euros d’économies à la clé.
Optimisation des dépenses en médicaments (1 milliard d’économie), ensuite, avec la baisse des prix, notamment pour « les nouveaux médicaments destinés à la prise en charge de l’hépatite C ».

Les hôpitaux dans le collimateur

Optimisation des dépenses, des achats et des fonctions logistiques des établissements hospitaliers, enfin, pour une économie de 520 millions d’euros. Cela fait grincer des dents Les Mutuelles de France : « Le gouvernement fait le choix de réduire encore les moyens alloués aux hôpitaux publics déjà exsangues, au détriment de la qualité des soins. On ne peut prétendre lutter contre le renoncement aux soins sans investir dans le secteur hospitalier public. » Toujours côté hospitalier, le ministère de la Santé souhaite développer la chirurgie ambulatoire et l’hospitalisation à domicile, pour engranger 370 millions d’euros.

Tiers payant en 2017

Mais ce plan promeut aussi l’accès aux soins et la prévention, en confortant l’action des centres de vaccination et en créant des centres de formation, de dépistage et de diagnostic gratuits des infections ; en améliorant l’accès aux soins et aux droits pour les personnes détenues, pour les conjoints et les aidants familiaux des exploitations agricoles ou encore pour le parent survivant en cas de décès de la mère au cours de son congé maternité ; et en généralisant le tiers payant en 2017 (dès le 1 er juillet 2015 pour les bénéficiaires de l’ACS. Sur ce dernier point, Etienne Caniard, président la Mutualité française, a pris « l’engagement de simplifier au maximum toutes les procédures administratives, car il est clair que les médecins sont là pour soigner leurs patients, pas pour remplir des papiers ».

Sources
- « Projet de loi de financement de la Sécurité sociale », Dossier de presse, Economie.gouv.fr, 29 septembre 2014.
- « La Mutualité française alerte sur le renoncement aux soins », Sabine Dreyfus, Mutualite.fr, 30 septembre 2014.
- « Un PLFSS 2015 qui ne répond pas à l’urgence », communiqué de presse de Mutuelles de France, 30 septembre 2014.

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS