Vers la fin des vaccins obligatoires ?

, par  Vanessa Pageot-Françoise

Vaccins obligatoires ou recommandés, rappels contraints chez les enfants, mais pas chez les adultes… : le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) s’alarme de cette cacophonie concernant la vaccination et souhaite amorcer le débat entre autorités sanitaires, professionnels de santé et grand public pour une meilleure efficacité de la politique vaccinale en France.

Que faire pour améliorer la politique vaccinale ? Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) propose, dans un avis rendu public le 10 septembre dernier, d’ouvrir le débat sur le caractère obligatoire de la vaccination chez les enfants. En Europe, seules la France et l’Italie obligent les parents à vacciner leurs enfants contre le trio diphtérie-tétanos-polio (DTP). Or selon le HCSP, en se focalisant sur ce tiercé vaccinal obligatoire, les Français sous-estiment les vaccins « seulement » recommandés pour des maladies qui, elles, ne sont pas anodines. En ligne de mire : l’hépatite B et les infections à papillomavirus humains (HPV), responsables respectivement d’environ 1 300 et 1 000 décès chaque année en France.

Rappel ou pas ?

L’autre paradoxe souligné par le Haut Conseil de la santé publique est la liberté pour les adultes de faire ou non leurs « piqûres de rappel », alors que celles-ci sont obligatoires pour les enfants. Résultat : certaines maladies ne sont toujours pas éradiquées, comme le tétanos, qui nécessite un rappel tous les dix ans au même titre que la diphtérie, la polio ou la coqueluche. Les rappels permettent de garder « actif » le vaccin : le système de défense garde ainsi en mémoire l’anticorps. Sinon, vous êtes de nouveau vulnérable à la maladie.
Enfin, le HSCP remarque l’inégalité de remboursement des vaccins, notamment celui contre le papillomavirus, prescrit aux jeunes filles pour éviter plus tard un cancer du col de l’utérus.

Adulte, quels rappels à quel moment ?
• Diphtérie, tétanos et polio : tous les dix ans.
• Coqueluche : tous les dix ans, avec une attention particulière pour les jeunes parents et leur entourage proche, qui peuvent transmettre la maladie au nouveau-né.
• Rubéole : pour les femmes non vaccinées qui souhaitent avoir des enfants (risque de graves malformations du fœtus pendant la grossesse si la maladie se déclare).
• Grippe : tous les ans pour les 65 ans ou plus ou les personnes souffrant de maladie chronique (maladie rénale, maladie cardiovasculaire, asthme, diabète).

 

Sources
- « Politique vaccinale et obligation vaccinale en population générale », Haut Conseil de la santé publique (HCSP), 10 septembre 2014.
- « La couverture vaccinale en France », Institut de veille sanitaire, Invs.sante.fr.
- « Des réponses à vos questions sur la vaccination », Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Inpes.sante.fr.

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