Fièvre de l’enfant : adoptez les bons réflexes

, par  Léa Vandeputte

Source d’inquiétude pour les parents de jeunes enfants, la fièvre est pourtant une réaction normale de l’organisme qui combat une infection. Bien que rarement grave, elle nécessite de connaître les gestes appropriés et de laisser de côté les idées reçues.

La fièvre est définie par une élévation de la température au-dessus de 38 °C. « C’est une réaction normale du système immunitaire à une attaque microbienne. Elle signifie que le corps de l’enfant se défend », explique le docteur Nathalie Gelbert, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). Pourtant, les idées reçues ont la vie dure et les parents sont souvent soucieux devant cette défense corporelle. Ainsi, les résultats d’une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)*, publiée en décembre 2013 et conduite auprès de 6500 parents d’enfants âgés de 1 mois à 12 ans et présentant une fièvre depuis moins de quarante-huit heures, sont mitigés. Si 89 % des parents mesurent correctement la température et 61 % savent que 38 °C est le seuil de la fièvre, seuls 23 % utilisent correctement un traitement et à peine 15 % respectent les mesures favorisant le bien-être de l’enfant.

Observer le comportement de son enfant

En cas de soupçon de fièvre, le premier geste consiste à mesurer précisément la température, mais il est également utile d’observer le comportement de l’enfant. Celui-ci peut en effet plus ou moins bien supporter la fièvre. « Les parents doivent se poser les questions suivantes : mon enfant présente-t-il une sensation d’inconfort ? Est-ce qu’il geint ? Est-il prostré ? Dans le cas contraire, si l’enfant est relativement en forme, il ne faut pas s’alarmer », préconise Nathalie Gelbert. En cas d’inconfort, il convient de dévêtir légèrement son enfant, de lui donner à boire et d’aérer sa chambre. Quant au fameux bain qui permettrait de faire baisser la température, il est à éviter, car il peut provoquer un choc thermique et renforcer la sensation de malaise. « La fièvre n’est pas dangereuse, rappelle le docteur Gelbert, il n’est donc pas utile de chercher à la faire baisser. Les parents doivent se rassurer et être à l’écoute de l’enfant. »

Des antalgiques en cas d’inconfort

Si ces premières mesures ne se révèlent pas assez efficaces, il faut alors envisager un traitement médicamenteux à base d’antalgiques. « Le paracétamol est généralement recommandé, car il est mieux toléré, mais, s’il n’est pas efficace, on peut proposer de l’ibuprofène », précise le pédiatre. La prise d’un seul médicament est conseillée, puisque aucune étude n’a « démontré l’intérêt d’une alternance ou d’une association systématique », indique l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps)**. Par ailleurs, et tout au long du traitement, le respect des doses en fonction du poids et de l’âge et l’observance du délai entre les prises sont impératifs. « Il faut également rappeler aux parents de ne pas utiliser le même flacon de paracétamol pour tous leurs enfants, ajoute Nathalie Gelbert. Il est préférable de donner à l’enfant le produit dans une petite cuillère pour éviter de souiller la pipette. »

Consulter sans tarder

Malgré les traitements, la fièvre persiste ou votre enfant présente des signes d’inconfort ? Consultez sans tarder. « Avant l’âge de 3 mois, il est recommandé de consulter dès que l’on s’aperçoit que le jeune enfant a de la fièvre, précise le docteur Gelbert. Si son médecin habituel n’est pas disponible, il faut se rendre aux urgences pédiatriques. Entre 3 et 6 mois, nous conseillons de consulter dans la journée et, à partir de 12 mois, dans les quarante-huit heures si la situation ne s’améliore pas. »

* « Managing fever in children : A national survey of parents’ knowledge and practices in France », PloS One, N. Bertille et al., 31 décembre 2013.
** Mise au point sur la prise en charge de la fièvre chez l’enfant, Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), 2004.

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