Une faible progression des dépenses de santé en 2020

, par  Léa Vandeputte

En 2020, la consommation de soins et de biens médicaux a augmenté de seulement 0,4 % par rapport à 2019 du fait de la pandémie de Covid-19. C’est la plus faible croissance jamais observée depuis 1950.

Comme chaque année, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié, mercredi 15 septembre, son rapport sur les dépenses de santé en France. Fait exceptionnel en 2020, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) — évaluée à 209,2 milliards d’euros, soit 9,1 % du produit intérieur brut (PIB) — enregistre sa plus faible augmentation depuis 1950 et s’établit à +0,4 % (contre +2 % en 2019 et +1,5 % en 2018). Les effets très contrastés de l’épidémie de Covid-19 sont en cause.

Les impacts de la crise

La crise sanitaire a totalement bouleversé le secteur de la santé. Si des dépenses importantes ont été constatées pour endiguer l’épidémie, le premier confinement, survenu au printemps 2020, a dans le même temps fait fortement diminuer les soins en cabinet de ville. Dans le détail, la consommation de soins a ainsi baissé chez les dentistes (-8,9 %), chez les médecins (-5 %), pour les transports sanitaires (-9,4 %) et chez les auxiliaires médicaux (-11,9 %). Tandis que l’activité des infirmières, « peu affectées par les mesures de restrictions sanitaires », précise la Drees, est en hausse (+7,2 %). À l’hôpital aussi, les changements sont notables. Alors que les soins hospitaliers progressent de 3,7 %, les dépenses de soins ambulatoires sont quant à elles en repli de 2,5 %. Enfin, les laboratoires d’analyses biologiques ont vu leurs dépenses fortement augmenter (+37,4 %) en raison du dépistage mis en place à partir de l’été 2020 via les tests RT-PCR.

Une prise en charge importante par la Sécu

Durant cette période, la Sécurité sociale a financé les principales dépenses supplémentaires liées à la crise. Sa part dans la prise en charge de la CSBM s’établit ainsi à 79,8 % (soit une augmentation de 1,9 point). « Celle des organismes complémentaires (mutuelles, sociétés d’assurances et institutions de prévoyance) atteint 12,3 % », constate la Drees, qui ajoute : « Cette part était auparavant et depuis une dizaine d’années assez stable, autour de 13,4 %. » La part restant à la charge des ménages continue, elle, de diminuer pour se fixer à 6,5 % (en baisse de 0,7 point), soit en moyenne près de 202 euros par habitant. « Le mouvement tendanciel de baisse du reste à charge des ménages lié au vieillissement de la population s’est accentué cette année par la déformation de la structure des soins occasionnée par la crise sanitaire et les premiers effets de la réforme du "100 % santé", mise en œuvre par étapes dans les secteurs de l’optique, des prothèses dentaires et des aides auditives », analyse la Drees.

Un reste à charge faible

Le rapport établit également une comparaison des dépenses de santé au niveau international. Il en ressort qu’en 2019, la France a consacré 11,2 % de sa richesse nationale à la santé, soit 1,2 point de plus que la moyenne des 27 pays de l’Union européenne. Dans les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), des variations notables apparaissent depuis 2013. La France et l’Italie connaissent une hausse de leurs dépenses de 2 % par an en moyenne, contre 4 % pour l’Allemagne et les États-Unis. Mais la France « reste le pays de l’OCDE où les ménages sont le moins mis à contribution financièrement », concluent les auteurs du rapport.

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