Etes-vous éligible à l’ACS ?

, par  Delphine Delarue

Alors que, selon une récente étude, la très grande majorité des Français ignore l’existence de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS), l’Assurance maladie lance une campagne d’information sur le sujet. Elle invite les internautes à vérifier leur éligibilité à cette prestation sociale grâce à un simulateur en ligne.

Elle est encore trop méconnue : selon une étude de Direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) parue en mars, plus des trois quarts de la population n’aurait jamais entendu parler de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS). Un manque d’information qui contribue à expliquer le non-recours massif dont pâtit cette prestation sociale : « Selon les estimations disponibles […], les personnes n’ayant pas demandé l’ACS représenteraient, pour 2013, entre 59 % et 72 % de ses bénéficiaires potentiels, soit entre 1,9 million et 3,4 millions de personnes pour la France métropolitaine », indique de son côté la Cour des comptes, dans un rapport publié en mai 2015.
Pour inverser la tendance, l’Assurance maladie vient de lancer une campagne d’information visible sur la page d’accueil de son site Internet. Grâce à un simulateur, les internautes peuvent directement vérifier s’ils sont éligibles ou non à l’ACS.

Aider les bas revenus exclus de la CMUC

Le dispositif de l’ACS, créé en 2004, est destiné à soutenir les foyers dont les revenus sont trop élevés pour accéder à la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) et trop faibles pour souscrire à une complémentaire classique. Dans le détail, il offre aujourd’hui la possibilité à toutes les personnes en situation régulière, résidant en France depuis plus de trois mois et dont les ressources ne dépassent pas de plus de 35 % le plafond d’accès à la CMUC d’obtenir une aide financière pour souscrire à une mutuelle. Par exemple, une personne seule vivant en métropole devra, pour en bénéficier, avoir des revenus ne dépassant pas 11 670 euros par an. Le montant de l’aide est fixée à 100 euros pour les moins de 16 ans, à 200 euros pour les 16-49 ans, à 350 euros pour les 50-59 ans et 550 euros pour les plus de 60 ans.

Tiers payant généralisé

Autre avantage : l’ACS permet à ses bénéficiaires d’accéder à des tarifs médicaux sans dépassements d’honoraires et, depuis la réforme du dispositif en juillet 2015, de bénéficier du tiers payant généralisé (pas d’avance de frais à effectuer lors des consultations chez les professionnels de santé) et d’être exonéré des franchises médicales et des participations forfaitaires. De plus, toujours depuis la réforme, les bénéficiaires du dispositif accèdent à des contrats de complémentaire santé sélectionnés par les pouvoirs publics sur des critères de qualité et de prix. Ajoutés à la campagne de l’Assurance maladie, à celle déjà engagée en juin dernier par l’Etat et les organismes complémentaires et à la création d’un site spécialement dédié, ces éléments devraient enfin permettre d’améliorer la couverture de l’ACS en France.

Sources

- « Aide à la complémentaire santé : une prestation méconnue », Paula Ferreira, Afim, 23 mars 2016, Mutualité.fr.
- « Prestations sociales : les personnes éligibles sont-elles les mieux informées ? », Adrien Papuchon, Etudes et résultats, Drees, mars 2016 (n° 0954).
- « Le fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture universelle du risque maladie », Cour des comptes, mai 2015.

DOSSIERS

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

Vivre avec la maladie de Parkinson

Avec plus de 200 000 personnes touchées en France, la maladie de Parkinson­ est l’affection neurodégénérative la plus fréquente après l’alzheimer. Elle évolue lentement, se manifeste parfois par des tremblements, mais surtout par des difficultés à effectuer des gestes et constitue ainsi une cause de (...)

En finir avec le mal de tête

Même s’ils peuvent être très gênants, les maux de tête sont la plupart du temps sans gravité, mais quand ils se répètent, c’est toute la qualité de vie qui est altérée. Heureusement, qu’il s’agisse de céphalée de tension ou de migraine, des solutions efficaces existent, à condition de bien identifier la (...)

Santé au travail Prévenir les risques professionnels

La récente intensification du travail induit de nouvelles formes d’organisation qui ne sont pas sans risques sur la santé physique et mentale des salariés. Ces contraintes se traduisent essentiellement par une augmentation des troubles musculo- squelettiques (TMS) et des pathologies psychiques au (...)

ARTICLES RÉCENTS