Etats-Unis : un système de soins inégalitaire malgré l’Obamacare

, par  Benoît Saint-Sever

Le système de santé des Etats-Unis est bien éloigné de celui que nous connaissons : profondément inégalitaire, il rend l’accès aux soins difficile pour la plupart des Américains, malgré les améliorations apportées par la réforme dite Obamacare.

Le système de soins américain est fondé, en grande partie, sur un système privé, où chaque assuré verse une cotisation dont le montant dépend de son état de santé et des maladies couvertes par son contrat. Entrées en vigueur le 1er octobre 2013, les lois Patient Protection and Affordable Care Act (loi sur la protection des patients et des soins abordables) et Health Care and Education Affordability Reconciliation Act (loi sur les soins de santé et sur l’éducation), regroupées sous le nom d’Obamacare, ont modifié le paysage. Jugées minimalistes en comparaison des systèmes européens, ces mesures ont pourtant créé de vifs débats. Une partie de la classe politique et de la population espère même un retour en arrière.

Un dispositif coûteux

Malgré un système qui repose sur l’assurance privée, les dépenses de santé des Etats-Unis excèdent largement celles des autres pays riches. Selon le Panorama de la santé 2015 réalisé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en 2013 les Américains consacraient 16,4 % de leur produit intérieur brut (PIB) à leur système de soins. A titre de comparaison, la France engage 10,9 % de son PIB dans ce financement et la moyenne des pays de l’OCDE s’élève à 8,9 % du PIB.
Les Américains qui n’ont pas les moyens de s’assurer attendent souvent trop longtemps avant de consulter et leurs frais de santé s’envolent. Les résultats ne sont donc pas à la hauteur de l’investissement. Le panorama de l’OCDE pointe du doigt la faible espérance de vie aux Etats-Unis : en 2013, elle était de 78,8 ans, contre 80,5 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE. Une situation qui s’explique par un accès aux soins difficile pour les plus pauvres et par le caractère fragmenté du système de santé.

Une assurance santé privée obligatoire

La réforme oblige dorénavant toute personne à souscrire une assurance maladie sous peine de devoir payer une amende d’un montant de 325 dollars mensuels par adulte ou de 2 % du revenu annuel. Pour une partie des Américains, cela ne change rien : ils sont couverts par une assurance, fournie par leur employeur, qui fait partie de leur rémunération. D’autant que depuis 2015, avec l’Obamacare, les employeurs ayant plus de cinquante salariés ont l’obligation de souscrire une assurance privée.
Les travailleurs indépendants doivent, eux, s’assurer par leurs propres moyens. Or, se protéger à titre personnel est hors de prix, même s’il existe un programme de prise en charge pour les plus démunis. Appelé Medicaid, celui-ci a été réformé et étendu aux personnes à faibles revenus. Il est complété par un second programme d’aide, Medicare, qui permet aux personnes de plus de 65 ans et aux invalides d’être couverts par le système public, sans condition de ressources. Mais toutes les tranches de la population ne sont pas concernées par ces aides, et certains doivent donc débourser des sommes astronomiques.

Sources
Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale, Cleiss.fr ; Panorama de la santé 2015 : les indicateurs de l’OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Paris, 2015.

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