Espérance de vie : les écarts se creusent à nouveau

, par  Isabelle Coston

Une étude britannique sur l’espérance de vie des adultes en Angleterre, au pays de Galles, en Italie et en France montre que, malgré les immenses progrès réalisés, « le fossé entre riches et pauvres est en train de se creuser pour la première fois depuis 1870 ».

L’espérance de vie est une mesure statistique qui se définit comme le nombre moyen d’années que vivra un individu ayant un âge donné, en tenant compte des taux de mortalité existants.
Pour la Cass Business School de Londres et l’International Longevity Centre UK, Les Mayhew et David Smith ont étudié l’espérance de vie des Anglais, des Gallois, des Français et des Italiens. Le rapport de cette enquête, intitulée « An investigation into inequalities in adult lifespan », vient d’être publié. Et ses conclusions inquiètent.

L’allongement de la durée de vie ralentit

En France, l’espérance de vie était, en 2014, de 85,4 ans pour une femme et de 79,2 ans pour un homme, d’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Celle des Françaises est d’ailleurs la plus élevée d’Europe, et elle continue d’augmenter. Les chercheurs relèvent cependant que l’espérance de vie d’un Anglais ou d’un Gallois âgé de 30 ans est actuellement plus élevée que celle d’un Français ou d’un Italien.
Depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 50, l’allongement constant de la durée de vie en Europe s’accompagnait d’une réduction des inégalités. En dépit des épidémies, comme celle de la grippe espagnole en 1918-1919, et des deux guerres mondiales, l’espérance de vie des adultes avait constamment augmenté et l’état de santé des populations européennes n’avait cessé de s’améliorer, notamment grâce aux grandes mesures sanitaires comme les campagnes massives de vaccination, au développement des antibiotiques, mais surtout grâce à l’augmentation globale du niveau de vie (meilleur logement, accès à l’eau potable…). A partir de 1950, cependant, une nouvelle tendance s’est dessiné : l’allongement de la durée de vie a ralenti, tout comme la réduction des inégalités.

Le mode de vie en question

Et aujourd’hui ? « Malgré l’augmentation générale de l’espérance de vie après 1950, l’écart entre les hommes et les femmes s’est accru tandis que les inégalités en termes de durée de vie persistent au lieu de diminuer », écrit Les Mayhew, l’un des auteurs du rapport. Bien que l’espérance de vie des Britanniques soit aujourd’hui au plus haut (5 % des hommes britanniques qui atteignent 30 ans vivent en moyenne jusqu’à 95,7 ans, une femme vit jusqu’à 98,2 ans), les chercheurs font apparaître des décalages grandissants entre les durées de vie les plus longues et celles les plus courtes, qu’ils expliquent par des différences d’hygiène de vie : le tabagisme, l’alcool et une mauvaise alimentation sont les principaux facteurs de pathologies chroniques et donc de mortalité. Or, ces facteurs sont davantage présents parmi les populations les plus défavorisées.
Les auteurs du rapport insistent donc sur la nécessité de lutter contre les inégalités sanitaires : « Ce rapport, qui tombe à point nommé, souligne comment, malgré une augmentation significative de l’espérance de vie, l’écart entre les riches et les pauvres s’accroît pour la première fois depuis les années 1870, explique David Smith, directeur de la Cass Business School et co-auteur du rapport. Cette tendance est particulièrement inquiétante pour la société et les responsables politiques doivent en faire davantage, de manière à réduire à nouveau cet écart. La lutte contre les inégalités en termes de santé et de handicap doit être une priorité politique. »

Des disparités plus importantes en France qu’en Angleterre

Enfin, d’après le rapport, la différence d’espérance de vie entre les sexes est plus importante en France qu’en Angleterre, de même que les disparités entre adultes de sexe masculin. Entre les 10 % d’adultes qui vivent le moins longtemps et les 5 % qui vivent le plus longtemps, l’écart est ainsi, pour les hommes, de 37 ans en France contre 33,3 ans en Angleterre et au pays de Galles et seulement 31,7 en Italie. Les écarts sont moins importants pour les femmes : 28,2 ans en Italie, 30,6 ans en France et 31 ans en Angleterre et au pays de Galles.

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