Enfants : des inégalités de santé dès la maternelle

, par  Isabelle Coston

Selon les chiffres publiés en juin par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), les enfants de 6 ans issus de familles aux revenus modestes ont un moins bon bilan de santé que ceux dont les parents sont cadres.

Les enquêtes nationales de santé en milieu scolaire pilotées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en collaboration avec le ministère de l’Education nationale et l’Institut de veille sanitaire (INVS) ont pour objectif de dépister les pathologies et les troubles susceptibles d’avoir des effets sur l’apprentissage.
Les résultats de celle qui a été menée en 2012-2013 auprès des élèves de grande section de maternelle sont éloquents : les inégalités sociales se retrouvent dans le niveau de santé des enfants. Et cela commence dès le plus jeune âge, puisque l’on note que les enfants des familles les plus pauvres démarrent leur scolarité avec un handicap, et pas n’importe lequel : une moins bonne santé. Ainsi, à la précarité sociale s’ajoute la précarité de la santé, qui pourra avoir un impact sur la réussite scolaire : la boucle est bouclée.

L’obésité en relation avec le milieu socioprofessionnel

Selon le dernier rapport de la Drees, quand 7 % des enfants de cadres sont en surcharge pondérale, ils sont 16 % chez les ouvriers, et il y a 6 % d’enfants obèses chez les plus modestes, contre 1 % chez les cadres. Ces écarts n’ont guère évolué depuis 2006, date de la précédente étude, qui soulignait déjà, dans les mêmes proportions, des inégalités sociales de santé.

Plus de caries chez les enfants d’ouvriers

La santé bucco-dentaire dépend elle aussi du milieu social des enfants : « Si 60 % des enfants [de cadres] se brossent les dents plusieurs fois par jour, cette pratique ne concerne que 47 % des enfants d’ouvriers », souligne le rapport, qui ajoute : « La proportion d’enfants de cadres ayant au moins une dent cariée s’élève à 8 %, contre 30 % pour les ouvriers. » Chez ces derniers, on observe également plus de caries non soignées (24 %) que chez les enfants de cadres (4 %).

 

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Les cadres accordent plus d’importance à la prévention

L’étude précise que « les enfants de cadres consomment aussi moins de boissons sucrées, passent moins de temps devant un écran » et que les heures de coucher et de lever sont davantage contrôlées. Autant d’habitudes de vie qui conditionnent les enfants et contribuent à un meilleur état de santé. « C’est dans ce quotidien […] que les inégalités sociales de santé trouvent leur origine », expliquent les auteurs. Les cadres emmènent plus souvent leurs enfants chez le médecin que les ouvriers, notamment à titre préventif : « Les consultations préventives représentent 81 % des consultations des cadres, contre 48 % pour les enfants d’ouvriers. Ces derniers consultent majoritairement à titre curatif (52 %, contre 19 % pour les cadres). »

Source
- « La santé des élèves de grande section maternelle en 2013 : des inégalités sociales dès le plus jeune âge », Etudes et Résultats, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), juin 2015.

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