L’Education nationale s’associe à la première campagne d’information sur l’endométriose

, par  Isabelle Coston

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a décidé de lancer une campagne d’affichage dans les établissements scolaires pour mieux faire connaître l’endométriose, une maladie gynécologique souvent ignorée, mais qui touche une Française sur dix.

Le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a signé lundi 27 juin une convention de partenariat avec l’association Info Endométriose, qui regroupe cinq associations de patientes (EndoFrance, ENDOmind France, Ensemble contre l’endométriose, Mon endométriose ma souffrance, Karukera endométriose). Dès la prochaine rentrée scolaire, des affiches et des brochures d’information seront mises en place dans les établissements scolaires pour sensibiliser collégiennes, lycéennes, infirmières, médecins scolaires et enseignants à cette maladie dont on parle peu, mais qui concerne 10 % des femmes.
Un site Internet dédié, info-endométriose.fr, a également été créé par ces associations pour diffuser le message de la campagne : « Les règles, c’est naturel, pas la douleur ! ». De plus, l’implication de personnalités du spectacle comme la comédienne Julie Gayet ou la chanteuse Imany, présentes lors de la signature de la convention, apporte aussi un coup de projecteur sur l’endométriose.

En parler à l’école pour réduire le retard de diagnostic

Le docteur Chrysoula Zacharopoulou, présidente de l’association Info Endométriose, a insisté sur le rôle important de l’école pour « sensibiliser les jeunes à cette maladie dont on parle peu, car elle touche à l’intime ». Elle a regretté la méconnaissance des patientes, du grand public mais aussi, parfois, du corps médical. En réponse, Najat Vallaud-Belkacem a exprimé le souhait que « les élèves et les personnels de l’Education nationale soient sensibilisés à cette maladie, dans le cadre, notamment, du parcours éducatif de santé, qui entre en vigueur à la rentrée 2016 ».
Pour cela, des outils pédagogiques et des modules de formation seront mis à la disposition des personnels de l’Education nationale par Info Endométriose. « Ces actions doivent aider à briser un tabou et à réduire le retard de diagnostic qui est actuellement de sept ans, favorisant ainsi une prise en charge médicale plus précoce pour une limitation de l’aggravation des symptômes », explique le ministère sur son site Internet.

Des douleurs à ne pas prendre à la légère

Cette maladie gynécologique, qui se caractérise par le développement, hors de la cavité utérine, de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus, peut causer de fortes douleurs lors des règles et nuire ainsi au bon déroulement de la scolarité des élèves qui en sont affectées. Natacha, qui vient d’avoir son bac, a témoigné lors de la conférence de ces douleurs, si intenses qu’elles la faisaient pleurer, et de l’incompréhension des professeurs, qui ne prenaient pas ses souffrances au sérieux. Najat Vallaud-Belkacem a d’ailleurs pointé les « préjugés tenaces » selon lesquels « les femmes seraient fragiles par nature », soulignant que « souffrir, c’est le signe que l’on est malade ». La ministre a également rappelé que l’endométriose était « la première cause d’infertilité chez les femmes ». Grâce à cette campagne, « les jeunes filles qui ont des règles douloureuses [seront incitées] à consulter le plus tôt possible ».

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