Embolie pulmonaire : un risque sous-estimé

, par  Enrique Moreira

L’embolie pulmonaire et la phlébite (indissociables sur le plan médical) ont été responsables de 55 419 hospitalisations en 2010. C’est ce qu’a révélé une étude de l’Institut national de veille sanitaire (INVS) publiée le 22 octobre. Ces deux maladies seraient même « associées à une mortalité importante ».

Il existe deux types de maladie veineuse thrombo-embolique : la phlébite, lorsqu’un caillot de sang se forme et obstrue une veine, et l’embolie pulmonaire, quand ce même caillot remonte vers le cœur et vient boucher l’artère pulmonaire. Des pathologies sérieuses, puisqu’elles peuvent entraîner la mort. L’Institut national de veille sanitaire (INVS) a d’ailleurs révélé dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire que rien qu’en 2010 elles ont été responsables de 55 419 hospitalisations (34 179 pour l’embolie pulmonaire et 21 240 pour la phlébite).

Manque de chiffres

Pourtant, malgré les risques évidents liés à ces deux maladies, les scientifiques manquent cruellement de chiffres sur le sujet. C’est l’un des premiers constats établis par l’INVS, dont l’étude est la première du genre. Dans ces circonstances, il est difficile d’évaluer correctement la dangerosité de l’embolie pulmonaire. Ainsi, on compte plus de 14 800 décès liés à cette pathologie, mais le véritable chiffre est probablement plus élevé : « une étude réalisée à partir d’autopsies montrait que le diagnostic n’avait pas été porté dans la moitié des cas où une embolie pulmonaire était pourtant impliquée », a indiqué Valérie Olié, épidémiologiste à l’INVS, au Figaro.

Plus de prévention

Il faut dire que l’embolie pulmonaire ou la phlébite sont souvent associées à d’autres pathologies, comme un cancer ou une maladie cardiovasculaire. Le diagnostique d’une thrombose veineuse arrive alors trop tardivement. C’est l’autre constat de l’INVS, qui propose de faire plus de prévention aussi bien auprès des médecins que des patients. Pour rappel, une embolie pulmonaire se manifeste souvent par un essoufflement, une douleur dans la poitrine ou encore une syncope. Une sensation imminente de mort est même parfois ressentie. Nul besoin de céder pour autant à la panique si vous venez juste de faire votre footing hebdomadaire, c’est plus le contexte dans lequel se déclarent les symptômes qui sont révélateurs : une intervention chirurgicale récente, une immobilisation prolongée, un cancer. Dans tous les cas, n’hésitez pas à contacter le Samu, en composant le 15, ou votre médecin.

Sources
- « La maladie veineuse thromboembolique : patients hospitalisés et mortalité en France en 2010 », extrait du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut national de veille sanitaire du 22 octobre 2013.
- « Embolie pulmonaire : qu’est-ce que c’est ? », Sante.lefigaro.fr.
- « Thromboses veineuses et embolies pulmonaires restent fréquentes en France », de Florian Gouthière, Allodocteurs.fr, 22 octobre 2013.

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