Education : il n’y a pas de petite claque

, par  Enrique Moreira

A partir du samedi 22 juin, la Fondation pour l’enfance lance une campagne de sensibilisation contre les gifles et les fessées administrées aux enfants. Le spot choc montre la déformation du visage d’un petit recevant une claque et se termine par un slogan aussi simple qu’efficace : « Il n’y a pas de petite claque. » Un sujet qui fera sûrement débat, mais qui s’inscrit dans une démarche, entamée en 2011, de lutte contre les violences éducatives.

Une chose est sûre, c’est que ce genre de sujet fait toujours débat. Cependant, la Fondation pour l’enfance, association créée en 1977 par Anne-Aymone Giscard d’Estaing, n’en démord pas : « Toute violence physique peut avoir un retentissement sur nos enfants. » C’est pour cette raison qu’elle lance, à partir du samedi 22 juin, une vaste campagne télé et Web contre « la violence éducative ordinaire ».
« Il n’y a pas de petite claque », affirme le clip d’une trentaine de secondes, qui sera diffusé sur nombre de chaînes et sites Internet. A l’image, une mère, en train de téléphoner, est excédée par le remue-ménage que fait son fils à table. Après plusieurs avertissements, elle raccroche, se dirige vers l’enfant et lui envoie une claque. « Une petite claque pour vous » s’écrit en blanc sur fond noir, comme dans un clip muet. Puis, la même scène reprend, mais le geste de la mère est cette fois passé au ralenti. On voit alors le visage de l’enfant se déformer sous l’impact de la gifle. Une musique sombre, au piano, accompagne le balancier de la tête et des cheveux blonds, qui semblent valser. Ecran noir, écriture blanche : « Une grosse claque pour lui », et une vue de l’enfant, prostré, le regard plongé dans la table en face de lui.

 

Des répercussions sur la santé physique et psychologique

Rassurez-vous : aucun enfant n’a été violenté sur ce tournage. Le jeune garçon est le fils du réalisateur du clip et ce dernier connaît assez bien son métier pour créer l’illusion. Somme toute, certains diront que « c’est bien fait pour lui », que, « de toute façon, il le méritait » et, surtout, qu’« une petite claque n’a jamais tué personne ». Peut-être, mais cela reste à prouver. Le propos de la fondation n’est d’ailleurs pas là : il s’agit avant tout de faire prendre conscience que « toute violence envers nos enfants peut avoir des conséquences sur leur santé physique et psychologique », explique le docteur Gilles Lazimi.

Des études à l’appui

Pour justifier sa campagne, l’association s’appuie sur un corpus d’études menées principalement outre-Atlantique. En avril 2004, des chercheurs américains rapportaient que le recours à la fessée peut rendre les enfants agressifs lorsqu’ils grandissent. De la même manière, en juillet 2012, une étude publiée dans la revue Pediatrics montrait que « les enfants ayant fait l’objet de fessées [ont] entre 2 et 7 % de chances supplémentaires de souffrir d’affections mentales une fois adultes ». La Fondation pour l’enfance estime, pour sa part, que 50 % des parents commenceraient à frapper leur enfant avant l’âge de 2 ans. Souvent, l’usage est hérité de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçue, et ils estiment que cela est utile et profitable à leur progéniture.
Pour rappel, trente-deux pays, notamment d’Europe du Nord, ont fait interdire ces « violences éducatives ordinaires ». Ce n’est pas encore le cas des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et, bien entendu, de la France.

Sources
- « Campagnes violences éducatives2013 », Fondation-enfance.org, 18 juin 2013.
- « Une nouvelle campagne choc contre la gifle relance le débat », Violaine Badie, News.doctissimo.fr, 19 juin 2013.
- « Campagne anti-gifles : on s’en tape ! », Eugénie Bastié, Causeur.fr, 19 juin 2013.

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