Don de gamètes : l’Agence de biomédecine lance une campagne d’information

, par  Léa Vandeputte

Pour répondre aux besoins des couples confrontés à une infertilité médicale, l’Agence de biomédecine organise une vaste opération de sensibilisation au don d’ovocytes et de spermatozoïdes.

L’Agence de biomédecine, dont l’une des missions est de promouvoir les dons auprès du grand public, lance une campagne nationale d’information et de recrutement de donneuses d’ovocytes et de donneurs de spermatozoïdes. Jusqu’au 26 novembre, des spots radio sont diffusés, des bannières animent les sites Internet et deux films d’animation sont projetés pendant les bandes-annonces au cinéma. L’objectif de l’agence est de « répondre aux besoins des couples confrontés à une infertilité médicale » en faisant connaître « l’existence du don de gamètes et ses modalités ».

Pas assez de donneurs et de donneuses

Chaque année, 3 500 nouveaux couples s’inscrivent pour bénéficier de ce type de don. « Une démarche à la fois éprouvante et porteuse d’espoir qui, bien souvent, représente la dernière étape d’un long parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP) », précise l’Agence de biomédecine. En 2015 les dons ont augmenté par rapport à l’année précédente : 540 femmes ont donné des ovocytes (+ 8 %) et 255 hommes des spermatozoïdes (+ 7 %), permettant ainsi la naissance de 1 227 enfants. Toutefois, « il reste difficile de satisfaire tous les besoins et les délais d’attente sont parfois encore trop longs », déplore l’Agence qui estime qu’il faudrait « 1 400 dons d’ovocytes et 300 dons de spermatozoïdes » chaque année pour répondre à la demande.

Portrait-robot des candidats au don

En parallèle du lancement de la campagne d’information, l’Agence de biomédecine a dévoilé les résultats d’une enquête nationale menée auprès de 455 candidats au don. Ils sont majoritairement trentenaires, puisque 61 % des femmes candidates sont âgées de 32 à 36 ans et 51 % des hommes de 32 à 38 ans. Les femmes font généralement cette démarche après leur deuxième enfant (45 %). De leur côté, les hommes donnent volontiers dès le premier enfant (40 %), ils ne sont que 24 % à le faire après le deuxième. 64 % des femmes et 75 % des hommes reconnaissent tout de même qu’il a fallu un élément déclencheur et un temps de réflexion pour entamer leur démarche. « C’est l’empathie pour un proche touché par un problème d’infertilité qui les a conduits à vouloir donner (deux tiers des femmes et trois quarts des hommes) », révèle l’étude.

Des conditions pour recevoir et pour donner

Les dons de gamètes ne bénéficient qu’aux couples composés d’un homme et d’une femme en âge de procréer, qui ne peuvent avoir d’enfants pour des raisons médicales, comme en cas d’absence ou de défaillance des gamètes chez l’homme ou la femme ou pour éviter la transmission d’une maladie grave à l’enfant ou à l’autre membre du couple. Pour donner, il faut être en bonne santé et avoir entre 18 et 37 ans pour les femmes et entre 18 et 45 ans pour les hommes. Depuis janvier 2016, il n’est plus nécessaire d’être déjà parent pour pouvoir devenir donneur. « Trois grands principes éthiques régissent le don de gamètes : anonymat, gratuité, libre consentement », annonce l’Agence de biomédecine. Deux sites, Dondovocytes.fr
et Dondespermatozoides.fr, permettent de répondre aux questions des potentiels candidats. Un test est également disponible pour savoir si l’on est apte à donner. Enfin, un numéro vert gratuit, le 0 800 541 541, est accessible à tous.

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