Le don du sang en questions

, par  Léa Vandeputte

L’Etablissement français du sang (EFS) organise des collectes partout en France, et les 10 000 dons réalisés chaque jour permettent de sauver 1 million de malades par an. Au-delà des chiffres, ce geste simple soulève pourtant encore des questions.

Pourquoi donner son sang ?

« Donner son sang permet de sauver des vies », répond sans détour le docteur Geneviève Woimant, responsable du site fixe Cabanel (Paris XVe) de l’Etablissement français du sang (EFS), avant de rappeler qu’« aucun autre produit ne peut se substituer aux produits sanguins ». Chaque année, en France, 1 million de personnes sont soignées grâce aux dons de sang. « Les transfusions sont utiles pour les personnes atteintes d’une maladie du sang comme la drépanocytose, une maladie génétique fréquente, mais aussi en cas de cancer, souligne le docteur Woimant. La chimiothérapie peut en effet détruire les cellules de la moelle osseuse, l’organisme ne peut alors plus renouveler les cellules sanguines et la transfusion devient essentielle. Les interventions chirurgicales, les soins pour les grands brûlés ou tout simplement les hémorragies nécessitent aussi des produits sanguins. »

Qui peut donner ? Quelles sont les contre-indications ?

Pour donner son sang, il faut être en bonne santé et avoir entre 18 et 70 ans. « Le candidat doit également peser plus de 50 kilos, afin de respecter un certain rapport entre le volume prélevé et le volume de sang total de la personne », précise le médecin de l’EFS. Les hommes peuvent donner leur sang jusqu’à six fois par an, et les femmes, jusqu’à quatre fois. Des contre-indications existent cependant pour assurer la sécurité du donneur comme celle du receveur. « Certaines sont temporaires et d’autres sont définitives. Par exemple, si vous venez de vous faire tatouer, vous devez attendre quatre mois avant de vous présenter à une collecte afin d’éliminer le risque d’infection, explique le docteur Woimant. De même, un délai de six mois après l’accouchement doit être respecté. Nous sommes également vigilants concernant les risques liés aux voyages et à certains rapports sexuels. En revanche, les personnes ayant été transfusées, celles qui ont séjourné plus d’un an dans les îles Britanniques entre 1980 et 1996 ou encore les toxicomanes sont définitivement exclus du don. »

Faut-il être à jeun ?

« Surtout pas, répond le docteur Geneviève Woimant. Contrairement à un examen en laboratoire, qui nécessite d’être à jeun, pour mesurer la glycémie par exemple, il est important de bien s’hydrater et d’avoir pris une collation avant de donner son sang. Cela permet d’éviter un malaise, qui pourrait survenir si le donneur est à jeun. » Il est d’ailleurs recommandé de boire un demi-litre d’eau avant de donner et de profiter de la collation offerte par l’EFS après le prélèvement.

Où peut-on donner son sang ?

L’EFS dispose de 143 sites fixes de prélèvement partout en France et organise en plus 40 000 collectes mobiles par an. Sur son site, Dondusang.net, une carte interactive vous permet de trouver la collecte la plus proche de chez vous.

Comment se déroule le don ?

Il comporte quatre étapes : l’accueil, l’entretien, le prélèvement et la collation. Un agent de l’EFS accueille, donne des documents d’information et enregistre le futur donneur. « Il faut penser à présenter sa pièce d’identité, au moins pour le premier don », indique le docteur Woimant. Le candidat remplit un questionnaire sur son état de santé général, ses antécédents médicaux ou encore ses voyages et est ensuite reçu par un médecin ou une infirmière habilitée afin de vérifier son aptitude au don. « Cet entretien est confidentiel et a pour but de s’assurer qu’il n’existe pas de risque ni pour le donneur ni pour le receveur », précise le docteur Geneviève Woimant. Le prélèvement dure entre cinq et dix minutes. Une infirmière diplômée d’Etat prélève lors du don des tubes-échantillons qui permettront de réaliser des analyses biologiques afin de s’assurer de l’absence d’anomalie avant la transfusion au receveur. Enfin, l’EFS propose une collation : « Le donneur peut boire, manger et se reposer pendant une vingtaine de minutes, ce qui nous permet de vérifier son état avant son départ du site. C’est aussi l’occasion de lui prodiguer quelques conseils, comme ne pas faire un sport trop intensif dans les heures qui suivent », ajoute le médecin. Au total, le parcours du donneur dure entre quarante-cinq minutes et une heure pour un don de sang total (plaquettes, plasma et globules rouges).

Le don du sang est-il vraiment sûr ?

« Le questionnaire et l’entretien avec le médecin avant le don constituent une première mesure de sécurité, explique le docteur Woimant. Le donneur est un partenaire de la chaîne de sécurité, puisqu’il s’engage dans un pacte responsable. L’EFS suit d’ailleurs à la lettre l’arrêté ministériel du 12 janvier 2009 qui fixe les critères de sélection des donneurs de sang. Les analyses des tubes-échantillons prélevés lors du don forment une deuxième barrière de sécurité, puisqu’elles permettent de qualifier les poches de sang, c’est-à-dire de s’assurer que le receveur ne court aucun risque. Enfin, nous utilisons un matériel stérile à usage unique pour chaque prélèvement. » Le donneur reçoit également un document post-don qui lui permet de contacter l’EFS s’il a, par exemple, de la fièvre dans les quinze jours qui suivent le don ou tout simplement des questions à poser.

Que devient le sang collecté ?

En France, l’EFS a le monopole de la collecte, de la préparation et de la distribution du sang. Une fois la poche de sang prélevée, elle est préparée. Les trois produits, globules rouges, plasma et plaquettes, sont séparés, puis analysés, avant d’être stockés dans des locaux de l’EFS. Ils seront ensuite distribués, en fonction des besoins, aux hôpitaux et aux cliniques. Les globules rouges se conservent quarante-deux jours, le plasma, un an après congélation, et les plaquettes, seulement cinq jours. Enfin, si les résultats de l’analyse présentent une anomalie, les produits sont détruits et le donneur est prévenu par courrier et pris en charge par un médecin de l’EFS.

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