Don de moelle osseuse : une campagne ciblée sur les hommes

, par  Isabelle Coston

Pour cette douzième édition de la Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, l’Agence de la biomédecine veut s’adresser en priorité aux hommes, qui ne représentent encore que 35 % des personnes officiellement inscrites sur le registre France Greffe de moelle.

L’Agence de la biomédecine concentre sa nouvelle campagne de communication en faveur du don de moelle osseuse essentiellement sur les hommes âgés de moins de 40 ans, car ces derniers sont en nombre toujours insuffisant. Des spots faisant la promotion du don de moelle osseuse sont diffusés depuis le 13 mars sur les radios nationales et locales. Parallèlement, deux bus de sensibilisation sillonnent la France et feront étape dans une douzaine de villes afin de recruter davantage de volontaires. Les femmes, bien entendu, sont également « appelées à s’inscrire sur le registre des donneurs, mais aussi à faire connaître ce don vital à leur entourage, notamment les hommes », précise l’agence. Les hommes jeunes sont particulièrement recherchés, parce que les greffons (cellules) de leur moelle osseuse sont dépourvus des anticorps naturellement développés par les femmes pendant la grossesse et qui compliquent la bonne tolérance de la greffe. Cette absence d’anticorps offre donc de meilleures chances de succès.

Ni douloureux, ni risqué

Par cette campagne, l’Agence de la biomédecine tient tout d’abord à rassurer, car le manque de donneurs masculins s’expliquerait essentiellement par un sentiment de peur (les hommes sont aussi moins nombreux que les femmes à donner leur sang). Une étude TNS Sofres réalisée par l’agence en décembre 2015 sur un échantillon représentatif de 1 008 personnes révèle en effet que « six hommes sur dix croient à tort que le prélèvement des cellules de la moelle osseuse se fait dans la colonne vertébrale ». L’agence en profite pour rappeler que la moelle osseuse n’a rien à voir avec la moelle épinière, qui se trouve dans la colonne vertébrale. La moelle osseuse est une substance située à l’intérieur des os, qui fabrique toutes les cellules du sang. Le prélèvement n’est ni douloureux ni risqué. Une gêne passagère peut être ressentie après un prélèvement dans l’os du bassin.

Deux types de prélèvement

Il existe deux façons de prélever de la moelle osseuse. La plupart du temps – trois fois sur quatre –, cela consiste en un prélèvement sanguin particulier, dit cytaphérèse, qui ne nécessite pas d’hospitalisation. Le médecin favorise la multiplication et le passage dans le sang des cellules de la moelle osseuse par l’injection sous-cutanée, quelques jours avant le prélèvement sanguin, d’un bio-médicament.
La ponction intra-osseuse est beaucoup plus rare. Dans ce cas, les cellules sont prélevées directement dans l’os du bassin. L’opération, pratiquée sous anesthésie générale, dure environ une demi-heure. Elle nécessite au maximum quarante-huit heures d’hospitalisation et peut avoir pour conséquence l’apparition d’un hématome après l’intervention.
Dans les deux cas, c’est une très faible quantité qui est prélevée et la moelle osseuse se reconstitue dans les jours qui suivent.

Une chance sur un million

Chaque année, en France, environ 2 000 patients atteints d’une maladie grave du sang, comme la leucémie, sont en attente d’une greffe de cellules de moelle osseuse. En 2016, 967 ont pu en bénéficier grâce à des donneurs non familiaux, mais d’autres n’ont pas eu cette chance. Pourtant, le don de moelle osseuse permet de guérir 80 % des maladies du sang. Plus il y aura de donneurs inscrits, plus les chances de trouver un donneur compatible avec le malade seront grandes. La probabilité de trouver un donneur compatible (en dehors des frères ou sœurs du malade) est en effet très rare : un sur un million. « Il est donc capital de diversifier les profils des donneurs pour répondre au besoin unique de chaque malade », signale l’agence, qui cherche pour cela à varier les origines géographiques des nouvelles personnes inscrites. Pour trouver un donneur compatible, la recherche s’effectue à travers le monde. C’est la raison pour laquelle le registre français de l’Agence de la biomédecine est connecté à tous les registres internationaux.
Pour se pré-inscrire et faire ainsi partie des « veilleurs de vie », un questionnaire est disponible sur le site Dondemoelleosseuse.fr. Trois conditions sont nécessaires pour devenir donneur : être en parfaite santé, avoir entre 18 et 50 ans lors de l’inscription, passer un entretien médical spécifique et effectuer une prise de sang lors de l’inscription définitive.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS